Han d’Islande

Victor Hugo

Han d’Islande

Paris, Chez Persan, 1823.
4 vol. (95 x 165 mm) de VIII-316, 237, 237 et 347 p. Bradel papier caillouté, pièce de titre ornée, dos orné en tête et en pied (reliure XIXe).


Édition originale.

Exemplaire de choix, en rare reliure de l’époque.

C’est après de longues fiançailles avec Adèle Foucher puis un mariage célébré le 12 octobre 1822 que Victor Hugo remania Han d’Islande (entamé dès 1820). Il vendit l’usage de son manuscrit pour mille francs à Persan, un marquis ruiné, qui s’était improvisé libraire : Han d’Islande parut le 8 février 1823, sans nom d’auteur, et plein de coquilles. « Un article bienveillant de Charles Nodier dans ‘La Quotidienne’ fut le début des rapports avec Hugo et de l’étroite amitié qui s’ensuivit. » (Carteret)

On connaît la genèse de ce roman : l’amour de Victor Hugo pour Adèle Foucher.

Après de longues fiançailles, le mariage a lieu le 12 octobre 1822 grâce à une pension accordée par Louis XVIII. C’est dans le contexte de ces soucis financiers et sentimentaux que Victor Hugo écrit, puis remanie Han d’Islande, qui reflète en quelque sorte cet amour contrarié.

Le Réveil, dès son numéro du 23 janvier, publiait la note suivante : “ On nous annonce aujourd’hui (…) un nouveau roman qui va paraître dans quelques jours chez les libraires du Palais-Royal et dont le sujet, tiré de l’histoire de la Norvège, offre un intérêt aussi dramatique que les principaux ouvrages de l’illustre romancier écossais. Cette composition singulière, signée Han d’Islande, est, dit-on, le premier ouvrage en prose d’un jeune homme connu déjà par de brillants succès poétiques. Nous verrons bien. ” La mèche est vendue dès le mois suivant, lorsque Le Constitutionnel publie le 15 février la note suivante : “ On vient de mettre en vente chez Persan, rue de l’Arbre-Sec, no 22, un roman intitulé : Han d’Islande, en quatre volumes in-12. Prix : 10 francs. On attribue ce roman à M. Victor Hugo, auteur d’un recueil d’odes”. Cette première édition est annoncée dès le 8 février 1823 (n° 619), dans la Bibliographie de France. Elle fait de Victor Hugo, à 21 ans, l’initiateur du premier romantisme. Bien qu’il considérât cette oeuvre naïve, Hugo resta attaché par sentimentalisme à ce mélodrame de jeunesse. Plusieurs scènes seront d’ailleurs reprises dans Notre-Dame de Paris.

Hugo ne sera pas satisfait en raison des nombreuses coquilles laissées par l’apprenti imprimeur-libraire, et dont il souhaitera une nouvelle édition corrigée chez Eugène Renduel dix ans plus tard, en mai 1833.

Agréable exemplaire en cartonnage de l’époque : les exemplaires de qualité de cette première édition en reliure d’époque sont fort rares.

De la bibliothèque Frédéric de Pourtalès (ex-libris).

Vicaire, IV, 236 ; Carteret, I, 390, « Ouvrage très rare (…) et fort estimé. »

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