Gazette du bon ton

[mode], [revue]

Gazette du bon ton

Paris, Émile Lévy, 1912-1913
8 numéros en 2 vol. (245 x 200 mm) de 255 p. + les illustrations. Bradel demi-vélin à coins, dos lisse peint d’un décor Art nouveau, tête dorée, couverture du n° 1 et 5 conservées (reliure signée de Terquem).


Belle collection des 8 premiers numéros
(novembre 1912 – mars-juin 1913) de la célèbre revue, en parfait état, bien établie à l’époque par la maison Terquem : cette maison familiale, située à l’ange du Boulevard Haussmann et de la rue Scribe, proposait depuis la fin du XIXe siècle tout le nécessaire de bibliothèque nécessaire aux amoureux des livres : “une entreprise très polyvalente et très proche des milieux érudits de l’époque, qui donne à la fin du XIXe siècle une idée de ce que pouvait être une “grosse entreprise” diversifiée et en même temps très ciblée sur une clientèle composée essentiellement d’hommes de lettres et de bourgeois enrichis” (B. Hugonnard-Roche, Bibliomane Moderne, en ligne, sep. 2016) : du mobilier de classement, de la papeterie haut de gamme, et ce qui fit sa fortune et sa renommée : les petites bibliothèques tournantes en acajou, fort prisées. Elle proposait également un rayon des beaux livres, principalement illustrés, et un service de “reliure de luxe” : c’est vraisemblablement ce chemin qu’a pris cet exemplaire, savoir des livraisons de la revue pour laquelle fut commandée cette reliure luxueusement établie. 10 planches par numéro (chiffrées I-X), soit 80 planches en couleurs hors texte lithographiées ou zincographiées, coloriées au pochoir, dont 3 sur double page, avec de très nombreux autres dessins et croquis dans le texte, également en couleurs pour ces deux premières années.


Un témoin de l’art de vivre et du goût français pendant les années folles.
1912 est une année décisive dans l’histoire de la presse de mode : la rencontre des nostalgies des poètes fin-de-siècle et du graphisme des jeunes artistes cultivés donnent (re)naissance à plusieurs publications s’adressant aux bibliophiles et aux mondains esthètes : Le Journal des dames et des modes dirigé, par le secrétaire de d’Annunzio et par l’érudit Pierre de Nouvion, Modes et Manières d’aujourd’hui de Pierre Corrard et Jules Meynial et surtout La Gazette du bon ton, fruit de la collaboration de Lucien Vogel et de son beau-frère Michel de Brunhoff.

Cette luxueuse revue, créée en 1912, sera publiée jusqu’en 1925 . Au sortir de la guerre, ayant perdu ses abonnements en Allemagne et en Russie, elle est rachetée par Condé Montrose Nast, entre autre distributeur de la revue américaine Vogue, nommant Vogel à sa direction artistique : il attire alors vers la revue new-yorkaise plusieurs illustrateurs (notamment Benito, Lepape et Marty) qui mettront un peu de l’esprit « Gazette du bon ton » dans la composition et les couvertures de la célèbre revue américaine.

Vogel fit appel à des auteurs comme Jean Besnard, Henry Bidou, Lise Léon-Blum, René Blum, Marcel Boulenger, Albert Flament, Franc-Nohain, Emile Henriot, Gabriel Mourey, Henri de Régnier, Jean Silvère, Jean-Louis Vaudoyer. Pour les illustrations, il contacta des peintres et des dessinateurs, certains étrangers au monde de la couture, pour présenter accessoires de modes, robes et costumes “en situation”, et les créations de grands noms de la couture comme Louise Cheruit, Georges Doeuillet, Jacques Doucet, Jeanne Paquin, Paul Poiret ou Charles Worth. Parmi ces artistes, on peut citer Léon Bakst, Boutet de Monvel, Pierre Brissaud, Carlègle, Jacques Drésa, Javier Gosé, Georges Lepape, André Édouard Marty, Louis Strimpl, Maurice Taquoy…

Colas, 1202 ; « recueil très rare, le plus important et le plus intéressant pour les modes contemporaines » (Carteret).

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