“Galanis”. Manuscrit autographe

André Malraux

“Galanis”. Manuscrit autographe

S.l.n.d. [1976].
1 p. en 1 f., signé «André Malraux»

Manuscrit autographe.

Un des derniers textes de Malraux, évoquant son ami Galanis : 50 ans d’amitié.

L’amitié entre Maraux et Galanis est précoce, puisqu’elle date de 1919. Le jeune homme avait visité son atelier de Montmartre, et le premier texte en 1922 de Malraux comme critique d’art, c’est en ouverture du catalogue d’une exposition du peintre grec qu’il le donne. Une amitié fondatrice, annonciatrice d’une fructueuse collaboration.

Lors de toutes ses entreprises éditoriales, tant pour le compte de Simon Kra que pour le sien propre (associé à son ami d’enfance Louis Chevasson pour créer « À la sphère » qui deviendra « Les Aldes »), Malraux fera maintes fois appel à Galanis pour illustrer des livres, notamment ceux de Georges Gabory, de Paul Morand ou encore d’Albert Samain. Après La Tentation de l’Occident, en 1926, Malraux quitte définitivement les édition Grasset pour rejoindre Gallimard : en plus d’être, depuis Royaume-farfelu, un auteur « maison », il va désormais y officier comme membre du comité de lecteur et surtout comme directeur artistique. Il entraîne avec lui Galanis, qui signe sa première collaboration l’année suivante pour une livraison de 65 eaux-fortes illustrant Le Grand Meaulnes, suivi en 1930 des Nourritures terrestres d’André Gide.

Pour la collection des auteurs étrangers chez Gallimard, « Du monde entier », Malraux lui délègue la confection de la vignette de couverture, le propos de la collection étant de « réunir quelques-uns des meilleurs romans étrangers présentés par des écrivains français connus et dont l’autorité garantisse au lecteur, parmi le nombre considérable des traductions de toutes langues, une qualité littéraire certaine ». Le motif créé sera utilisé, pour chaque titre et sans exception, comme fleurons central de couverture, jusqu’en 1961, où il est remplacé par un photographisme de Georges Guimbertaud, adapté par Massin.

Amitié précoce, donc, longue et constante, jusque dans les textes : si le premier écrit critique de Malraux fut pour Galanis, son dernier lui sera aussi consacré. Entretemps, ils auront cheminé ensemble, leur amitié culminant avec l’exposition organisée à la Bibliothèque nationale en 1963, sur l’initiative du ministre de la Culture, trois ans avant la mort de l’artiste, en 1966. Malraux jouera également un plein rôle dans la transformation de la « ruche de Montmartre » – l’atelier où Galanis travaillait dans les années 1920 – en l’actuel Musée de Montmartre.

Malraux rédige ce texte, qui constituent l’une de ses dernières publications, quelques mois avant sa mort (23 novembre 1976), en l’honneur de son ami. Un texte mélancolique et respectueux, qui sera reproduit en fac-similé en tête du catalogue de L’Hommage à Demetrius Galanis, organisé du 1er juin au 18 septembre 1976 par le Centre culturel hellénique de Paris, au musée de Montmartre justement. Malraux, trop affaibli, ne pourra s’y rendre :

« Que sont devenues ces natures mortes d’Anthologie grecque – figues, amandes, flûtes de Pan, raisins – si différentes de l’illustration des Nuits d’Octobre, alors dans sa gloire, qu’en 1922 les jeunes écrivains comparaient aux fruits des Cènes toscanes, à ceux de Derain ? (Plusieurs ont appartenu à Vanili Photiadès). Combien de surprises nous donnerait une exposition, peintures, et gravures, du temps où Galanis se reposait en décorant d’autres figues et d’autres flûtes, l’harmonium qu’il avait fabriqué patiemment entre 1920 et 1930… »

Ce manuscrit fut par la suite la propriété de Paul-Louis Weiller (vente, IV, Paris, 2011, n° 641).

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