Feuillets d’Hypnos

René Char

Feuillets d’Hypnos

Paris, Gallimard, coll. « Espoir », (20 avril) 1946.

1 vol. (120 x 185 mm) de 97 p. et [3] f. Broché, boîte à décor signée de Devauchelle.

Édition originale. Un des 23 premiers exemplaires sur vélin pur fil (n° XX).

Un portrait de René Char, contemporain de l’ouvrage, est joint au volume, tirage d’époque par son ami photographe Irisson (85 x 125 mm), avec mention manuscrite au verso à la mine de plomb de Char « 1944 ». Tampon : « photo – ciné Irisson L’Isle-sur-Sorgue (Vaucluse) ». Il représente le poète en habit du « capitaine Alexandre », à la Libération.

Les Feuillets d’Hypnos ont été écrits entre 1943 et 1944 – lorsque le poète, « Capitaine Alexandre », était à la tête de la Section des atterrissages et des parachutages de la zone Durance. Il se surnommait alors « Hypnos », l’homme qui veille sur son peuple durant la nuit, aux aguets, comme la Résistance, prompte à s’éveiller à tout moment.

L’écriture fragmentaire des Feuillets d’Hypnos est imposée par les exigences de l’enga- gement dans la Résistance : « J’écris brièvement. Je ne puis guère m’absenter longtemps », indique à la note 312 René Char qui cesse à l’été 1943 de se consacrer à Seuls demeurent pour ne plus consigner que de brèves notations sur un carnet. Une première dactylo- graphie de 72 fragments est établie à la Libération, qu’il reprend l’année suivante : « Je me suis mis violemment au travail, écrit-il à Gilbert Lely le 17 juillet 1945. Cela s’appelle : Carnet d’Hypnos (Hypnos est un nom d’homme) 1943-1944. J’ai été assez heureux pour retrouver récemment le journal que je tenais à Céreste, enfoui à mon départ pour Alger dans un trou de mur. C’est ce journal que je vais publier […]. Je mets de l’ordre dedans, j’abrège ou je développe suivant les cas. » Il ajoute en particulier les fragments 204 et 221 écrits à Alger à l’été 1944. Ce travail aboutit en août 1945 à une seconde dactylographie, destinée à l’imprimeur, actuellement conservée à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet avec cette note : « Il n’existe pas d’autre manuscrit des Feuillets d’Hypnos. J’ai détruit, pour des raisons faciles à comprendre, le carnet des originaux […] hormis un feuillet conservé comme témoin ».

Dédié à Albert Camus, ces Feuillets d’Hypnos sont à l’origine de l’amitié entre les deux hommes, le recueil n’étant d’ailleurs pas sans lien avec des idées développées dans L’Homme révolté. Il s’agit au demeurant du premier titre de la collection « Espoir », que dirige Camus et qui porte ses aspirations : « Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C’est la question qu’on nous inflige. Mais nous n’en sortirons pas en faisant mine d’ignorer le mal de l’époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir est de le nommer au contraire et d’en faire l’inventaire pour trouver la guérison au bout de la maladie. Cette collection est justement un inventaire. » 18553

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