Éreinté par la critique

Sacha Guitry

Éreinté par la critique

S.l.n.d. [Paris, fin 1948, début 1949]
Manuscrit autographe de 8 p. (210 x 270 mm), signé.

La critique selon Guitry : la bête noire de l’auteur qui règle ses comptes.

En faisant une publicité à contre-courant, Jean Boyer, le producteur du film Une femme par jour (sorti au début de l’année 1949 avec Denise Grey dans le rôle principal) donna à la critique « la plus inattendue, la plus délectable leçon qui soit ».
Et à Sacha Guitry la belle occasion d’un nouvel avis sur un thème qui l’occupa sa vie durant : la critique !

« En un placard fort important, explique-t-il, qui doit coûter les yeux de la tête, son distributeur avisé ne prend la peine de nommer ni l’auteur de ce film ni son metteur en scène. Il néglige même d’indiquer les noms des comédiens qui en sont les interprètes. Tout cela pour lui est secondaire. Une seule chose importe et qui doit assurer le succès de l’ouvrage : la Critique l’a éreinté. »

Et d’ajouter : « Voilà sa garantie ». Guitry trouve le procédé publicitaire à la fois génial et dangereux : si l’on pousse le public à prendre le contre-pied de la critique cela finira par « – Puisqu’il dit que c’est bon, c’est donc que c’est mauvais ; je n’y mettrai pas les pieds ! »

Jacques Lorcey, admirateur et connaisseur incontournable de Guitry écrira avec justesse : « Sans doute trop gâté par la critique dès sa première grande comédie, Nono, alors qu’il n’avait que vingt ans, Sacha Guitry a développé par la suite une véritable phobie à son égard ». En 1949, année de rédaction de ce manuscrit, Guitry prend la direction du journal L”Époque ; il est, depuis la Libération, la cible assez systématique des critiques et donnera cette année-là plusieurs articles sur le sujet dont les titres sont éloquents : « Il faut condamner les critiques » (24 janvier), « Crimes, infamies, sottises » (3 mars), « Le bon sens fout le camp devant le sens critique » (10 mars), « L’Indépendance de la Critique » (17 mars). La chose lui tient donc à cœur, puisqu’il terminera l’année par un dernier article sur le sujet, qui se veut clore le sujet :  « Adieux à la Critique », qui paraît le 15 décembre.

Notre manuscrit, dans cette kyrielle de variations sur le même thème, semble quant à lui inédit. Il n’est en tout cas pas publié parmi les articles de Guitry cette année-là.

10146

Vendu
Ce site utilise des cookies pour réaliser des statistiques anonymes de visites.
Ce site utilise des cookies pour réaliser des statistiques anonymes de visites.
This site is registered on wpml.org as a development site.