Discours de réception De M. le Maréchal Pétain à l’Académie française et Réponse de M. Paul Valéry

Philippe Pétain

Discours de réception De M. le Maréchal Pétain à l’Académie française et Réponse de M. Paul Valéry

Paris, Éditions de la Nouvelle revue française & Éditions Plon, (20 janvier) 1931.
1 vol. (145 x 192 mm) de 136 pp. et [4] pp., 2 ff. Bradel plein skyvertex , dos lisse, titre doré, filets doré en tête et en pied, couvertures conservées (reliure de l’époque).

Édition originale.

Précieux exemplaire du général de Gaulle avec envoi autographe signé :

« au Commandant de Gaulle, affectueux souvenir, Philippe Pétain ».

Leur première rencontre date de 1922.

Le colonel Pétain est alors à deux ans de la retraite, commande le 33e Régiment d’Arras et est placardisé en raison de ses idées, qui s’opposent à celles de l’état-major de l’époque. Le lieutenant De Gaulle rejoint ce régiment, frais émoulu de Saint-Cyr. Pétain devine immédiatement les immenses qualités de De Gaulle, des qualités intellectuelles et des qualités de chef et le considère ni plus ni moins que comme ” l’officier le plus intelligent de l’armée française” (Chantal Morelle, de Gaulle, n. 82).

Dans ces années 20, Pétain cherche à entrer à l’Académie française : il fait venir De Gaulle à son cabinet pour rédiger le livre qu’il projette – dont le titre doit être Le Soldat – et que de Gaulle en soit la plume. Le Commandant de Gaulle s’exécute de bonne grâce mais le destin de son ouvrage précipite la brouille entre les deux hommes : Pétain demande en effet à un colonel de revoir le texte. Une intrusion intolérable pour de Gaulle, qui se fend d’une lettre à l’officier : ” un livre, c’est un homme. Cet homme, jusqu’à présent, c’était moi. Si quelqu’un d’autre, fût-ce Montesquieu, fût-ce vous même, mon colonel, s’en mêle, alors de deux choses l’une : ou bien il fera un autre livre, ou bien il démolira le mien, qui n’aura plus de caractère et par conséquent de valeur. Si le Maréchal tient à ce que vous fassiez un autre livre, je n’ai aucune objection à présenter. Je reprendrai purement et simplement mon bien. Mais si il s’agit de triturer mes idées, ma philosophie, mon style, je m’y oppose et vais le dire au Maréchal (…) Je considère que ce travail m’appartient personnellement et exclusivement”, affirme-t-il. Cela n’aboutira pas et Le Soldat n’est pas publié.

Le 20 juin 1929, le maréchal Pétain est élu à l’Académie française, à l’unanimité, et il faut attendre presque deux ans pour le voir enfin sous la coupole prononcer son Discours de réception, le 22 janvier 1931, à la place vacante du maréchal Foch. Le volume est imprimé tout juste deux jours avant le discours. C’est Paul Valéry qui officiera pour la Réponse.

Le Fil de l’épée, publié en 1932, quelques mois plus tard, sera dédicacé au Maréchal, à qui il offre un exemplaire augmenté, sous la dédicace imprimée, de ce mot : ” Hommage très respectueux et très profond dévouement “. Deux ans plus tard, ce sera Vers l’armée de métier, dédié lui ” à l’armée française pour servir à sa foi, à sa force, à sa gloire”. Quatre ans plus tard, La France et son armée consommera la rupture entre les deux hommes – latente depuis 1928 – puisque le livre s’inspira très largement du soldat. Le livre, conformément au souhait exprimé par de Gaulle en 1928, paraîtra sous son nom seul, en proposant à Pétain une préface dans laquelle l’impulsion du Maréchal n’est pas négligée. Pétain demande, en plus, une dédicace, dont il négocie les termes. Mais de Gaulle la modifie. Pétain la découvrira, furieux, à la publication. La voici: « À monsieur le maréchal Pétain qui a voulu que ce livre fût écrit, qui dirigea de ses conseils la rédaction des cinq premiers chapitres et grâce à qui les deux derniers sont l’histoire de notre victoire.».

La rupture est consommée.

C’est à notre connaissance le seul ouvrage dédicacé par Philippe Pétain à Charles de Gaulle.

On connait, à l’inverse, cinq exemplaires d’ouvrages de Gaulle envoyés à Pétain, dont le n° 1 du Fil de l’épée, un exemplaire de La France et son armée, un tiré à part intitulé “Métiers militaires” publié en 1933 et – le plus ancien – un tiré à part de la Revue Militaires Française intitulé “L’Action du chef de guerre”, une conférence qui servira de modèle au premier chapitre éponyme du Fil de l’épée.

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