Courrier sud

Antoine de Saint-Exupéry

Courrier sud

Paris, Gallimard, (30 avril) 1929.
1 vol. (165 x 215 mm) de 227 p. et [2] f. Broché, chemise et étui.


Édition originale.
Un des 109 réimposés sur vergé, celui-ci nominatif pour Henry Church (n° I).

 

L’Américain Henry Church (1880-1947) fut l’un des plus grands collectionneurs et mécène du XXe siècle. Descendant d’un émigrant du Mayflower et d’un pharmacien qui possédait le monopole de la commercialisation du bicarbonate de soude aux États-Unis, il consacre une partie de son immense fortune aux arts et aux lettres.

Il s’installe à partir de 1920 en France, avec son épouse Barbara, à Ville-d’Avray où Le Corbusier dessine les plans, entre 1927 et 1929, de deux, puis trois villas contiguës, qui, construites par l’architecte, seront meublées par Charlotte Perriand. Durant cette période, il finance la revue littéraire Mesures, fondée par ses soins avec l’aide de Jean Paulhan en 1935 qui la dirigea à ses côtés. Il devient un mécène important pour les arts parisiens, et obtient de Gaston Gallimard l’attribution des n° 1 des fameux réimposés de la collection littéraire, qui seront nominatifs à son nom pendant plus d’une décennie.

Dix ans plus tôt, vers 1925, Saint-Exupéry avait rencontré, dans le salon parisien de sa cousine Yvonne de Lestrange, la fine fleur des Éditions Gallimard : Gaston Gallimard, André Gide et Jean Schlumberger. Ces rencontres vont jouer un rôle fondamental dans l’entrée en littérature de Saint-Exupéry.

Avant de tenter l’aventure de l’Aéropostale en Amérique du Sud, Saint-Exupéry fut envoyé à l’école de navigation aérienne de Brest pour un cours de perfectionnement. À cette adresse lui parvinrent les premières épreuves de son livre, dont il lut des passages à son cousin Honoré Estiennes d’Orves, son futur lecteur attitré. Il n’y apporta que d’infimes corrections et le bon à tirer fut signé aux premiers jours d’avril 1929.

Publié grâce à André Gide, qui préfacera deux ans plus tard Vol de nuit, Courrier Sud est préfacé par André Beucler qui soutenait le premier l’idée que « Saint-Exupéry n’est pas un écrivain », idée reprise et développée par André Malraux : Saint-Exupéry n’est pas un écrivain en chambre et « il ne veut rien écrire que sa vie ne garantisse ou qu’il n’ait eu l’occasion de vérifier à ses dépens. C’est en quoi l’univers proprement littéraire lui demeure suspect pour autant qu’il trompe le lecteur en le transportant dans un monde facile et fallacieux. Saint-Exupéry reste l’un de ces hommes contraints à l’exactitude, pour qui l’imagination peut bien s’ajouter à la réalité, mais non pas en tenir lieu (…) ».

Bel exemplaire.

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Vendu
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