Colline

Jean Giono

Colline

1 vol. (210 x 270 mm) de [156] f. (chiffrés de 1-8 et 5-151).
Demi-maroquin rouge à coins, dos à nerfs, titre et tête dorés, étui bordé (reliure signée d’Alix).

 

Dactylogramme carbone de premier jet, avec de nombreuses corrections, daté par Giono du 23 mai 1927 en page de titre.

Envoi signé au premier feuillet :

« À Adrienne Monnier pour lui faire voir la naissance de [Colline] Jean Giono, Manosque août 1929 ».

Giono a corrigé son texte (certaines pages présentent plus de 15 changements, d’autres sont en grande partie réécrites) et a apporté d’importants ajouts autographes sur les versos ou sur des feuillets manuscrits intercalaires (5 ff. ajoutés entre les f. 4 et 8, l’un d’eux avec le verso totalement manuscrit ; 4 feuillets manuscrits sont ajoutés entre les ff. 15-16, 31-32, 100-101 et après 151 ; le recto des ff. 33, 87 sont manuscrits). Les feuillets proviennent du Comptoir National d’Escompte de Marseille (certains avec l’en-tête) où Jean Giono était alors employé.

En fin de volume ont été ajoutées 6 photographies originales (86 x 60 mm chacune) prises par Giono aux «bastides blanches», le hameau où il situe l’action de Colline ; elles ont été montées sur un feuillet cartonné.

C’est Daniel Halévy qui, le premier, reçoit le manuscrit de Colline, en janvier 1928, après avoir refusé Naissance de l’Odyssée, qui « sent un peu trop le jeu littéraire ». Mais Halévy a l’intuition d’être en présence d’un véritable écrivain et demande à lire le manuscrit d’un autre ouvrage : ce sera ce premier jet de Colline, que Giono est en train d’achever et pour lequel il possède au moins deux versions en dactylogramme. En mai 1928, un contrat est signé pour ce roman et deux autres à venir. ; le texte passe ensuite entre les mains de Jean Paulhan, qui en propose une pré-publication partielle dans la revue Commerce puis, en juin, sur sa recommandation, dans la Nouvelle revue française de Gaston Gallimard. Ce dernier, emballé, écrit alors à Giono et lui annonce qu’il serait heureux de devenir son éditeur, quand son contrat avec Grasset sera arrivé à terme. Le roman sera publié en février 1929, chez Bernard Grasset.

Un tirage à 15 exemplaires avait été réalisé à la date de 1928, sur papier d’alfa, pour être soumis aux membres du jury Goncourt pour le prix 1928 (cf. vente Brun, 1942, n° 193 et exemplaire Bellefroid, 2001, n° 238).

Avec ce texte bref, Jean Giono, inspiré, marque son entrée en littérature par un chef-d’oeuvre, qui, d’emblée, l’amène à une reconnaissance bien au-delà des limites « régionales ». Gallimard, à sa parution, revient à la charge : il souhaite faire signer Giono – et y parvient puisque, au printemps 1931, la NRF fait paraître Le Grand Troupeau, qui va ouvrir les yeux de son éditeur historique, avec lequel Giono s’était pourtant engagé. Grasset et Gallimard s’entendent alors pour se partager la production littéraire des cinq années suivantes entre leurs maisons respectives, selon le choix de Giono.

Ce précieux dactylogramme a été offert à Adrienne Monnier, qui visite Giono à Manosque cet été là où, grâce au succès de Colline, Giono a pu acquérir sa maison, «Lou Paraïs». Il décrit à la libraire-éditrice de la rue de l’Odéon sa joie d’avoir « acheté à flanc de coteau, à cinq minutes de la ville, une petite maison ; un palmier, un kaki, un bassin, deux cents vignes, un pêcher, un abricotier, un laurier, une terrasse ; et là on vit tous ensemble dans la soupe aux choux. » (lettre à Adrienne Monnier, printemps 1930). Giono avait fait la rencontre d’Adrienne Monnier en février 1929, à l’occasion de la parution du roman et tient également une correspondance avec les parents de Monnier, auxquels il écrit en janvier 1931 avoir « l’espoir de revoir Mademoiselle Adrienne et Miss Sylvia cet été à Manosque » (in Lettre collection Roger Sailles, Marseille, 2019, n° 150).

Le seul manuscrit original de Colline est conservé à la BnF ; il est celui fait pour la parution du roman dans la revue Commerce (daté du « 23 mai 1927-13 février 1928 »). Il reprend les corrections de notre dactylogramme, qui lui est donc sinon antérieur, strictement contemporain.

Ce même été, Monnier avait publié la traduction en français d’Ulysse.

Des collections Adrienne Monnier (envoi) et R. & B. L. (Paris, Sothebys, 2019, n° 26, et ex-libris).

Talvart & Place VII, n° 2, p. 101.

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Vendu
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