Colline

Jean Giono

Colline

Paris, Grasset, (31 janvier) 1929
1 vol. (115 x 185 mm) de 198 p. et [2] f. Maroquin vert, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, double couverture et dos conservés, étui bordé (reliure signée d’Alix).

Édition originale.
Un des 62 premiers exemplaires sur Madagascar (n° V).

Signalons deux papiers moins précieux parmi les hors commerce, mais dans un tirage plus réduit : 17 hollande et 36 vélin.

Envoi signé : « à Daniel Halévy, avec mes remerciements pour son intérêt spontané. Jean Giono ».

Au lycée Condorcet, Daniel Halévy avait fondé avec Proust groupes et revues, tandis que dans le salon familial, il fait la connaissance de Barrès, Gide ou Henri de Régnier. Il découvre Nietszche dont il devient le premier traducteur et le premier biographe, délaissant le dilettantisme lycéen pour entamer une véritable carrière littéraire. C’est également à cette époque que s’affirme son goût pour l’engagement politique : tenant d’un socialisme hétérodoxe, antimatérialiste et antiparlementariste, partisan de l’autonomie ouvrière et du principe coopératif, il sera l’un des fondateurs des Universités populaires puis de l’Enseignement mutuel. En 1920, il fonde la collection « Les Cahiers Verts » chez Grasset et la dirigera pendant treize ans. Il devient ainsi celui qui édite Giono, Malraux, Montherlant ou Jouve. C’est Daniel Halévy qui, le premier, reçoit le manuscrit de Colline, en janvier 1928, après avoir refusé Naissance de l’Odyssée, qui « sent un peu trop le jeu littéraire ». Mais Halévy a l’intuition d’être en présence d’un véritable écrivain et demande à lire le manuscrit d’un autre ouvrage : ce sera le premier jet de Colline, que Giono est en train d’achever. En mai, un contrat est signé pour ce roman et deux autres à venir. Le manuscrit de Colline passe ensuite entre les mains de Jean Paulhan, qui en propose une pré-publication partielle dans la revue Commerce puis, en juin, sur sa recommandation, dans celles de Gaston Gallimard qui écrit à Giono alors qu’il serait heureux de devenir son éditeur, quand son contrat avec Grasset sera arrivé à terme. C’est le début d’une liaison orageuse : Giono, qui a donné à Grasset les trois romans qu’il lui devait, renouvelle en 1930 son contrat avec son premier éditeur par amitié pour Louis Brun et Daniel Halévy, alors qu’il ne se sent guère d’affinités avec Bernard Grasset lui-même. Mais, quinze jours après avoir signé ce nouveau contrat avec lui, il en signe un autre quasiment identique avec Gallimard ! Au printemps 1931, la NRF fait paraître Le Grand Troupeau, qui va ouvrir les yeux de ses éditeurs sur le double jeu de Giono. Grasset et Gallimard s’entendent alors pour lui proposer de partager sa production littéraire des cinq années suivantes entre leurs maisons respectives.

Ce roman, qui forme avec Un de Baumugnes et Regain la trilogie de Pan, élève le récit à la hauteur du mythe, exalte les forces puissantes de la nature, et décrit les accords secrets qui s’établissent avec les hommes : ceux d’un maigre hameau de la Provence sauvage, dans les monts de Lure. Avec ce texte inspiré, Giono fait une entrée fracassante en littérature avec un chef-d’oeuvre, qui le conduit d’emblée à une reconnaissance bien au-delà des limites « régionalistes ».

Un chef d’œuvre. 

Un tirage à 15 exemplaires avait été réalisé en 1928 sur papier d’alfa, pour être soumis aux membres du jury Goncourt pour le prix (cf. vente Brun, 1942, n° 193 et Bellefroid, 2001, n° 238).

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Vendu
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