“C’est vous, chère Janine, qui m’écrivez la première…”

André Breton

“C’est vous, chère Janine, qui m’écrivez la première…”

S.l., jeudi 25 août 1921
3 p., à l’encre, sur un feuillet plié en deux

Très belle lettre autographe signée à Janine Kahn.

« […] Vous savez être infiniment rare et comme je m’interdis de prendre une comparaison dans la nature, vous venez à votre heure, qui est exquise et singulière sous mon masque le plus morose. J’ai beaucoup songé à vous, lors des quelques promenades que nous avons faites ensemble et je vous dois même d’avoir éprouvé un sentiment que je ne connaissais pas. […] »

En juin 1920, André Breton rencontre au jardin du Luxembourg Simone Kahn, en compagnie de Théodore Fraenkel et de Bianca Maklès. Puis une seconde fois, un mois plus tard, le 9 juillet 1920. Simone confie alors à sa cousine : « Aujourd’hui bonne journée. J’ai vu André Breton avec Fraenkel et Aragon. C’est la seconde fois que je vois Breton de près. Il est l’ami de Fraenkel, et il lui avait demandé de me revoir. Tu penses si j’étais contente. C’est vraiment un type intéressant. » (Simone Breton, Lettres à Denise Lévy, Joëlle Losfeld, 2005).

Plus tard, en 1965, elle précisera que : « Breton était un jeune homme un peu hâve et maigre, qui préservait malgré sa pauvreté une certaine élégance. Il avait déjà cet aspect léonin qui contribua à sa légende […]. – Vous savez, je ne suis pas dadaïste, lui dis-je d’emblée, après les présentations. – Moi non plus, me répondit-il, avec ce sourire qu’il su garder toute sa vie quand il faisait des réserves sur une de ses positions doctrinales ». Breton lui écrit sa première lettre le 15 juillet : ” certainement j’éprouve un grand plaisir à vous voir ; merci de l’avoir deviné.”

Quatorze mois après leur rencontre, le 15 septembre 1921, André Breton se marie avec Simone Kahn à la mairie du XVIIe arrondissement de Paris, avec Paul Valéry comme témoin. La soeur de Simone, Janine Kahn, est évidemment présente et avait noué des liens proches avec Breton, en témoigne cette lettre, magnifique à bien des égards, dans laquelle Simone est évoquée plusieurs fois. Les deux amoureux, âgés de 24 ans tous les deux, sont alors en pleine préparation de leurs noces. Janine, elle, se mariera avec Raymond Queneau à l’été 1926, alors qu’Antonin Artaud lui écrit des lettres enflammées, ne cédant ses avances qu’à la fin de l’année 1926 : « je vous ai de nouveau rêvée avec beaucoup de remords. Je vous écrirai assez longuement bientôt. Mes profondes amitiés », lui écrira-t-il en point d’orgue de leur relation (carte à Janine Kahn, de Toulon, le 27 décembre 1926).

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