Le Désespéré

Léon Bloy

Le Désespéré

 Paris, Tresse & Stock, (novembre) 1886.

1 vol. (120 x 180 mm) de 579 p. Demi-maroquin marron à coins, dos lisse, titre doré, tête dorée, couvertures et dos conservés.

 

Édition originale.

Première édition imprimée du livre le plus célèbre de Léon Bloy, « véritable originale quant à l’impression » (Laquerrière-Bollery).

 

Un des 10 exemplaires sur Hollande (n° 9).

Il contient bien le passage relatif au directeur du Figaro Francis Magnard (ici Magnus Conrart du Basile), qui occupe les pages 400 à 402, d’après le texte donné dans l’édition Soirat, conformément aux rectifications faites par Léon Bloy.

 

Ce premier roman de Léon Bloy, largement autobiographique, transpose dans la fiction le drame vécu entre l’écrivain et Anne-Marie Roulé, une relation où la sensualité est peu à peu effacée par le mysticisme.

 

L’édition en avait été confiée à la maison Tresse et Stock mais, au fur et à mesure que Bloy fournissait ses feuillets à l’imprimeur Darantière, Stock y découvrit un violent passage à l’encontre de Francis Magnard, directeur du Figaro, qui occupe les pages 400 à 402. Pour l’éditeur, il était hors de question de publier une telle charge. Refus évidemment total de Bloy, alors que les ouvrages n’attendaient plus que le brochage. Tous les exemplaires imprimés furent donc remisés et Bloy, qui tenait à la parution de son livre, se mit en rapport avec l’éditeur Soirat, qui fit à nouveau imprimer Le Désespéré, en ayant toutefois modifié le passage problématique afin d’éviter un procès. Le Désespéré parut donc ainsi,
“officiellement”, en 1886, à deux mille exemplaires, et sans papiers de luxe.

 

 

Fort de l’accalmie du temps – et du fait que l’édition Soirat n’ai donné lieu à aucun procès -, Stock se décida en 1893 à exhumer la sienne des caves où les exemplaires sommeillaient. Il fit réimprimer en partie le cahier 23, contenant les passages à censurer (pages 397 – 402) qu’il remplaça par le texte amendé et conforme à l’édition Soirat ; ces cartons sont reconnaissables du fait du double astérisque qui remplace la numérotation princeps [23] du cahier. Stock fit brocher ces nouveaux feuillets avec le reste du texte imprimé en 1886, publiant ainsi l’ouvrage à la grande colère de Bloy.

 

Ils furent diffusés sous une nouvelle couverture, au printemps 1893, y compris pour les 10 exemplaires de tête, imprimés sur papier de Hollande, eux aussi dès 1886. Quelques exemplaires – cinq ont été recensés, parmi lesquels deux Hollande – ont cependant été conservés non cartonnés et contiennent ainsi le texte primitif dans son intégralité.

 

Bloy n’apprécia guère la manœuvre et considéra toujours que l’édition Soirat était la seule et unique, « la prétendue édition Tresse & Stock, très défectueuse, ayant été odieusement carottée » (dans une dédicace à Paul Fermiot, citée dans le catalogue n° 7 de notre confrère Éric Grangeon). Cela ne l’empêcha cependant pas d’offrir plusieurs exemplaires Tresse et Stock à des proches.

 

 

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