Album de dessins originaux

Sacha Guitry

Album de dessins originaux

Marcel Schwob, Laurent Tailhade,
Ernest La Jeunesse, Jules Renard,
Alfred Edwards, Colette Willy

 

1 cahier (255 x 350 mm) de 4 feuillets doubles, encre de Chine et mine de plomb, avec 1 vol. (255 x 355 mm) de 8 f. sur Arches fort.

“Exemplaire unique fait pour Charlotte Lysès”, cet album est composé de six dessins originaux, exécutés vers 1906. 

La couverture-titre est calligraphiée à l’encre de Chine par Guitry : suivent les portraits de Marcel Schwob, Laurent Tailhade, Ernest La Jeunesse [le secrétaire de Mirbeau], Jules Renard, Alfred Edwards [directeur du journal Le Soir], et Colette.

Ce dernier portrait sera reproduit, inversé, en couverture de l’édition de C’te Pucelle d’Adèle, publié en 1910, et deviendra un portrait iconique de l’écrivain, alors encore à l’aube de sa carrière.

Au début du siècle, Lucien Guitry est le comédien préféré du Tsar. C’est à sa cour qu’on lui présente, en 1905, une jeune comédienne de 28 ans, encore fraîche débutante : Charlotte Lysès, fille de richissimes banquiers d’origine judéo-marocaine, qui savait a suite dans un palace parisien lui appartenant, l’hôtel du Canada. « Guitry père est persuadé que cette demoiselle s’est toquée de théâtre comme on s’entiche d’un chapeau. Il préfère mettre cette gracieuse millionnaire dans ses draps plutôt que dans ses pièces où il lui confiera des rôles si insignifiants que l’y distribuer frise la goujaterie ». Elle lui rendra au centuple, passant de la couche du père à celle du fils. Sacha Guitry est le cadet de sept ans de cette première épouse aussi riche que fine et cultivée. C’est pour elle qu’il compose sa première réelle pièce, Les Zoaques, pendant l’année 1906 ; c’est aussi l’année où il compose cette série de portraits de ses proches ami(e)s parisien(ne)s : Jules Renard, Laurent Tailhade et Marcel Schwob évidemment, accompagnés de deux portraits plus “factuels”, ceux de La Jeunesse et Edwards, et de celui de Colette, rencontrée pour la première fois en 1905. “ La première fois que je l’ai vue, elle avait de longs cheveux blonds, si longs qu’elle les nattait et les portaient en macarons sur les oreilles. Elle était bien charmante alors, avec son visage triangulaire, ses yeux en amande et son nez de fouine. »

Cet album sera resté inédit jusqu’à l’édition donnée en 2001, à l’initiative d’André Bernard, qui en publie un fac-similé hors commerce tiré à 20 exemplaires, dont nous joignons l’exemplaire n° V.

Nous joignons également l’édition originale de C’te Pucelle d’Adèle. Elle est éditée par Ondet, Faubourg Saint-Denis, à la fin de l’année 1909.

Et cette époque, Guitry s’adonnait beaucoup aux dessins, dont il livrera plusieurs albums (de portraits, dont le premier est Des connus et des inconnus, en 1903, où l’on trouve déjà Jules Renard, ou d’animaux, comme celui intitulé Le Taureau, Le Veau, Le Maquereau, Le Chat, Le Lapin, Le Crapaud, La Vache, La Poule, publié cette même année 1906). Ils furent tous édités à petit nombre, pour ses amis.

Expositions Sacha Guitry et ses amis (Musée du Luxembourg, 1985), n° 2 ; ABO p. 46-47.

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