À travers le désastre

Jacques Maritain

À travers le désastre

Paris, Éditions de Minuit, (12 novembre) 1942.

1 vol. (130 x 210 mm) de 91 p., [1] et 1 f. Reliure de chagrin rouge décorée sur le premier plat d’une croix de Lorraine en maroquin noir mosaïqué, dos lisse avec titre doré en long, tête dorée, couvertures et dos conservés, chemise et étui.

Édition clandestine, et la plus rare de celles imprimées sous l’Occupation par les Éditions de Minuit, plus encore que celle du Silence de la mer. Elle paraît neuf mois après ce dernier, dans un plus grand format qui ne sera plus repris par la suite.

Feuillet-manifeste des Éditions de Minuit monté en tête.

En janvier 1940, Jacques Maritain quitte la France pour une série de cours prévus au Pontifical Institute of Medieval Studies de Toronto. Surpris par la guerre, il ne retournera en Europe qu’en 1944, comme ambassadeur auprès du Vatican. Écrites pour ses compa- triotes pris au piège du « désastre » et le public américain auquel il veut dire la situation de son pays, ces pages affirment que « la collaboration franco-allemande pour la recons- truction de la paix en Europe [serait] un chemin vers l’esclavage ». D’abord imprimé à New-York en octobre 1941 aux éditions de la Maison française, le texte est accompagné, comme Le Silence de la mer, du feuillet-manifeste des Éditions de Minuit.

Précieux exemplaire provenant de la bibliothèque de Jacques Debû-Bridel, membre du Conseil national de la Résistance comme représentant de la Fédération républicaine, parti de la droite libérale et conservatrice, ainsi que du Front national constitué à l’initiative du parti communiste. Il publia aux Éditions de Minuit Angleterre en septembre 1943 sous le nom d’Argonne, puis une relation sur l’activité de la maison d’édition pendant la guerre, précisant qu’Yvonne Paraf fit passer le texte d’À travers le désastre en zone nord, « dans la doublure de sa trousse de voyage, et la grosse Allemande chargée de la fouille, au passage de la ligne, éplucha pendant dix minutes la note d’hôtel et traita Yvonne de capitaliste parce qu’elle avait pris un bain (8 francs !), mais elle ne regarda pas du côté du nécessaire de voyage. / Imprimé en novembre 1942, le Maritain fut broché par Yvonne dans son appartement de la rue Vineuse, avec son amie, Mme Massé, qui sera la brocheuse la plus assidue des Éditions de Minuit, et Vercors qui, dans la cuisine, collait les couvertures »…

Très rare, et de parfaite provenance.

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