Le Mariage du ciel et de l’enfer

André Gide, William Blake

Le Mariage du ciel et de l’enfer

Le Mariage du ciel et de l’enfer.
Traduction inédite par André Gide


Paris, Librairie José Corti, « Collection romantique », (13 janvier) 1942
1 vol. (115 x 165 mm) de 64 p. Broché.

 

Rare édition, imprimée 35 exemplaires.
Un des 10 premiers sur japon, celui-ci spécialement « imprimé pour mon fils Dominique A. Corticchiato, le jour de son dix-septième anniversaire ».

 

Merveilleux cadeau d’un éditeur à son fils, pour un texte qui lui tenait à cœur, la collection mettant à l’honneur la littérature anglaise, comme un défi à l’occupant. Né le 13 janvier 1925, Dominique Corticchiato avait entamé des études de langue et littérature anglaises. Traducteur, il donnera, en 1944, l’édition du Château d’Otrante d’Horace Walpole, avec une préface de Paul Éluard, pour le quatrième titre de cette même collection. Résistant communiste, il est arrêté en mai 1944 puis déporté à Buchenwald, puis à Ellrich où il meurt à 19 ans. C’est le grand drame de la vie de José Corti, sur lequel il reviendra largement dans ses Souvenirs désordonnés.

Corti continuera d’honorer la mémoire de son fils dans ses publications, continuant de faire imprimer des exemplaires nominatifs pour ce dernier.

Le texte de ce texte n’est pas anodin en cette période d’Occupation. Le dernier feuillet, notamment, qui conclut le texte : « une même Loi pour le Lion ou pour le Bœuf, c’est Oppression » rappelle la période particulière du début de l’année 1942, où l’emprise nazie sur le territoire d’accentue.

Gide avait traduit ce texte en 1922, au moment d’une intense période de rédaction et de traduction : après le Typhon de Conrad en 1918, il traduira aussi Shakespeare, Tagore et Pouchkine entre 1921 et 1924. Avec une préférence avouée pour William Blake : il s’y était attaqué dès 1914, « avec étonnement », plaçant le poète anglais aux côtés de Nietzsche, Browning et Dostoïevski dans la constellation des quatre étoiles de son firmament intellectuel. Blake proclame dans ce texte « l’unité humaine », une espèce de manichéisme qui ne va pas sans blasphémer, mais qui fonde toute une esthétique adulée par Gide, qui voyait dans « L’astre Blake l’étincelle dans cette reculée région du ciel où brille aussi l’astre Lautréamont. Lucifer radieux, ses rayons revêtent d’un éclat insolite les corps misérables et glorieux de l’homme et de la femme ».

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