Anéantir

Michel Houellebecq

Anéantir

Paris, Flammarion, (janvier) 2022.
1 vol. (135 x 210 mm) de 688 p. et [2] f. Veau naturel estampé d’une eau-forte originale reprenant le titre de l’ouvrage en trame serrée, teinté gris anthracite, titres à l’oeser rouge sur le premier plat, contreplats bord à bord estampés du même motif, teintés rouge, gardes de chèvre velours anthracite, tranches dorées sur témoins à l’or blanc par Jean-Luc Bongrain, chemise et étui bordés (Reliure signée de Louise Bescond – C. Ribal, 2023).


Édition originale.
Un des 200 premiers exemplaires sur vélin Rivoli Arjowiggins (n° 30).

” Ce serait une catharsis si anéantir reflétait l’époque, mais il colle à l’actualité dans ce qu’elle a de plus ordinaire, médiocre et éphémère. Si encore il nous renvoyait quelque chose de l’air du temps, mais non. (…) De quoi est-il question ? Panneaux solaires chinois, campagne électorale, psychologie des boomers, transferts de technologie, Breyvick, solitude dans la ville, taux de fécondité, écolofascisme, nihilisme, AVC, droit successoral, gène égoïste, misère sexuelle, Rassemblement national, Zemmour, guerre commerciale Pékin-Washington, rêves, chaos, Islam, biotechnologies, dentistes séfarades, le Lambeau, euthanasie, rêves encore, campagne électorale, déficit de notoriété, rêves… (inventaire non exhaustif). Et puis l’amour, toujours, dont il répète que c’est son sujet principal. Mais va-t-on vers la littérature pour retrouver le menu du 20 heures de France 2 ? Une ambiance parfois « Baron noir », espoir vite déçu car c’est bien moins cruel.” (Pierre Assouline). Anéantir n’est pas un roman à rebondissements, ni à suspens. Assouline a raison : ” ça se veut un thriller mais sur ce plan-là, Grangé, Chattam, Minier, Thilliez n’ont pas de souci à se faire.”. Anéantir n’est pas non plus un roman à compartiments, ni même, sans doute, un roman symbolique, où son personnage principal ne comprend pas grand chose à ce qui l’entoure, et à peine à ce qui lui arrive et ce qui arrive aux siens. Son père est désormais muet – et ça va s’aggraver sur les 100 dernières pages, peut-être les plus intéressantes du roman. On y retrouve l’angoissante menace que Houellebecq fait peser sur notre société et fait à nouveau voir Houellebecq comme un auteur de romans d’anticipation : à ce titre, sa vision est claire : notre civilisation s’est engagée dans un pourrissement généralisé et elle n’aura besoin de personne pour y parvenir.

Droit dans un mur, sans autre issue possible.

Ce qui nous ramène à l’interprétation qu’a peut-être voulu en donner Louise Bescond.
En cela, l’exemplaire devient décidément parfait.

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Vendu
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