New York, New Directions, [28 novembre] 1962 
1 vol. (135 x 205 mm) de 93 p. et [1] f. Broché, chemise et étui.
Édition originale et premier tirage.
L’exemplaire de Romain Gary et Jean Seberg, abondamment annoté par l’auteur.
Précieux exemplaire offert à Romain Gary et Jean Seberg.
Corrections et ajouts autographes à sept poèmes :
p. 58 : 2 strophes entourées avec la mention “omit”
p. 66 et 67 : corrections et variantes pour le poème “Man Enterring the Sea, Tanger”
p. 73 : 1 ajout au poème “A Race of Sound”
p. 74 : 1 ajout d’une strophe au poème “There can be no other apple for me”
p. 78 : 2 variantes au poème “Writ on the Steppes of Puerto Rican Harlem”
p. 83 : 2 variantes aux poèmes “A City Child’s Day et They”
p. 87 : 1 variante au poème P.S. 42
p. 88 : 1 ajout au poème “Danger”
p. 89 : 1 strophe entourée avec la mention “omit" pour le poème “After Reading in the clearing”
p. 93 : note retranscrite plus haut.
Long Live Man parut dans la collection mythique des anthologies poétiques de New Directions (ND). Deux ans plus tôt The Happy Birthday of Death réunissait les premiers poèmes de Corso dont le célèbre « Bomb ». Fondées par James Laughlin en 1936, les éditions ND eurent pour vocation première de soutenir écrivains et poètes inconnus et audacieux ; et, très vite, New Directions se mit à publier des romans, du théâtre, etc. À son catalogue figurent aujourd'hui nombre de noms célèbres de la littérature mondiale qui trouvèrent un jour - enfin - un éditeur prêt à s'engager pour eux : Ezra Pound, Dylan Thomas, Tennessee Williams...
En 1960, trois des membres majeurs de la Beat Generation ont déjà publié chez Laughlin : Kerouac vient de publier les fameuses Visions of Cody (décembre 1959), Ginsberg, dès 1953, est entré dans la collection « Prose and Poetry », et les trois poètes Beat se retrouvent en 1961 réunis dans le n° 17 de cette même collection. 
Lorsque paraît ce recueil de Corso, quatre des célèbres poètes de la Beat Generation ont déjà fait paraître leurs textes majeurs : On the road (Kerouac), Howl (Ginsberg), Bomb (Corso) et The Naked Lunch (Burroughs). 
Gregory Corso, dernier à avoir rejoint le groupe, est devenu l'un de ses porte-parole les plus en vue. Mais lorsqu'il adresse cet exemplaire à Jean Seberg et Romain Gary, c'est bien à une autre époque de sa vie qu'il fait allusion. L'aide matérielle qu'il y évoque à deux reprises ici n'aura très probablement pas été un détail dans sa vie. La situation de Corso dans les années 1950 a peu de choses à voir avec celle de Gary, diplomate et écrivain reconnu marié à une star d'Hollywood.   
« Gregory était un vrai New Yorkais. Il était né en 1930 au coeur de Greenwich Village au-dessus d'une morgue au coin des rues Bleeker et MacDougal, qui faisaient alors partie de Little Italy. Il n'avait aucun souvenir de sa mère qui avait à peine seize ans quand elle l'avait eu. » Abandonné dès la naissance, avec un père à peine plus vieux qui ne pouvait s'en occuper il fut en quelques années balloté dans pas moins de huit familles d'accueil. Les malheurs de sa vie d'enfant et d'adolescent le conduisirent à la prison de Tombs, de triste réputation. Relâché, il fut livré à lui-même, quand, à dix-sept et à la suite d'un cambriolage, il fut renvoyé en prison, cette fois dans celle de Clinton (à Dannemora, près de New York). C'est là qu'il découvrit la littérature et la poésie. Peu après sa libération, alors qu'il avait trouvé un emploi et qu'il se destinait définitivement à la poésie, il rencontra Allen Ginsberg ; ce dernier se souviendra du soin que Corso avait apporté aux poèmes qu'il lui confia : « tous étaient dactylographiés, chose inhabituelle de la part d'un garçon qui vivait dans le Village et se disait poète ». Ginsberg lui présenta Kerouac.... Il fut alors de tous les événements, réunions, voyages et fit partit de l'inénarrable ‘bande' installée à Paris dans un hôtel, 9 rue Gît-le-coeur. Ce lieu insalubre et ses 42 chambres, toutes occupées par des artistes, de préférence étrangers n'avait pas de nom mais il devait rester dans les mémoires comme le Beat Hôtel, du nom que Corso lui trouva à l'époque (une plaque commémorative a depuis été installée sur la façade de l'immeuble, devenu aujourd'hui le Relais Hôtel Vieux Paris). 
Est-ce à cette époque - à Paris donc, ou bien en Californie que Corso rencontre Seberg et croise Gary ? Difficile de l'affirmer, mais il est avéré que Gary ne cesse entre 1950 et 1960 d'effectuer des allers-retours entre l'Europe et les États-Unis, suivant les déplacements de Seberg qui tourne sur les deux continents.
Gary, lorsqu'il réside à Los Angeles a vu naître ces groupes contestataires et s'y intéressait de très près. Voici son regard avisé sur l'auteur d'On The Road « c'était un prophète, Kerouac. Il fut le premier et le seul à avoir prédit quinze ans à l'avance l'Amérique des hippies, l'Amérique d'une quête spirituelle désespérée, qui commençait déjà dans la marijuana pour finir dans l'héroïne. » (La Nuit sera calme).
Et même s'il est assez ironique lorsqu'il évoque ces « jeunes paumés américains » l'on imagine bien Gary venant en aide à Corso que forcément il ne confond pas avec l'un d'entre eux. Ces lignes tirées de Chien blanc rappellent ce qu'il vécut personnellement à cette époque, aussi bien dans son appartement parisien de la rue du Bac, que dans sa maison de Los Angeles où il est fréquent qu'il doive laisser la place à d'interminables réunions des Black Panthers invités par sa femme : « Seberg passe son temps à donner notre adresse à tous les jeunes paumés américains qui croient que l'Atlantide, ça existe, ce qui explique pourquoi j'ai trouvé un jour six beatniks endormis dans des sacs de couchage dans notre appar¬tement rue du Bac. L'un d'eux avait notre adresse depuis quatre ans, et il l'avait partagée avec des amis. »
Tough Poets Press vient de faire paraître un recueil des oeuvres de Corso, rappelant qu'il fut un auteur majeur et fondateur dans l'aventure lancée par Kerouac et non un simple suiveur. 
Cet exemplaire est sans doute le seul témoin à ce jour de la rencontre de Romain Gary avec l'un des membres majeurs de la Beat Generation.
Barry Milles, Beat Hotel. 1957-1963, Éd. Le Mot et le Reste, 2011 ; J.-L. Alexandre. Jean Seberg, La Tentation de l’échec.


The copy of Romain Gary and Jean Seberg, extensively annotated by the author.
First edition and first printing [5,000 copies].
This copy is so far the only witness of Romain Gary's meeting with one of the major members of the Beat Generation.
Inscription: “For Jean, my only movie-star – whose humanness celluloid were at a loss to render unreal and for Romain, a fellow singer, and spirit – love, Gregory
P.S. This be the only copy in which I have made personal corrections – surely when you see the completions of a film you’ve made you wish Jean could have done some scenes differently – so the same for poems and the poet – I feel this book to be my finest work – mine “Breathley” & “Roots of Heaven”
– In spirit I always hold you & Romain fondly & well – Romain helped me when I was in dire need once - you both did. »
The inscription is accompanied by a long note written after the last poem in the collection “Writ on the eve of my 32nd birthday” :
“a poem like this shouldn’t be too long, or talk too much, I feel – yet I hate to omit anything so truly heartfelt – but it makes no difference – to end it – the world owes me – a million dollars is happy. Tongue in cheek, audacity – to continue it d(?) I do is to crowd too much feeling into a single poetry – like old letters, I can’t stand to read my yesterday’s poems –
Basta – the poesy to follow this can’t help but be goodly wisely compassionate expressions heart and spirit – whoops! I just remembered that the world only owes me 999,900 dollars as Romain once bestowed 100 dollars to me when I was in dire need, but truly I owe the world everything and it owes me nothing – so as a gentleman I must return his aid to him, someday, when I get lots of doubloons - I wish both of you the loneliest of things and non-things – Gregory.”
Long Live Man appeared in the legendary New Directions (ND) collection of poetry anthologies. By the time Corso's book was published, the four famous Beat Generation poets had already published their major texts: On the Road (Kerouac), Howl (Ginsberg), Bomb (Corso) and The Naked Lunch (Burroughs). Gregory Corso, the latest to join the group, has become one of its most prominent spokesmen. But when he addressed this copy to Jean Seberg and Romain Gary, he referred to a different time in his life. The material help he mentions in the book inscription twice was probably of great significance for him. Corso's social and economic situation in the 1950s had little to do with Gary’s who was a diplomat and well-known writer married to a Hollywood star.   
Was it then in Paris, or in California that Corso met Seberg and crossed paths with Gary? It's hard to say, but it is known that between 1950 and 1960, Gary kept going back and forth between Europe and the United States, following Seberg's travels as she toured the two continents.
Gary, while living in Los Angeles, saw the birth of the American protest groups and was very interested in them. Here is his insightful look at Kerouac: "He was a prophet, Kerouac. He was the first and the only one who had predicted the America of the hippies fifteen years in advance, the America of a desperate spiritual quest which already began in marijuana to end in heroin. (The Night Will Be Quiet).
And even if Gary is rather ironic when he evokes these "young American losers", we can imagine Gary coming to the aid of Corso who descended from a totally different class. The following lines from Chien blanc (White Dog) remind us of what Gary personally experienced at that time, both in his Parisian apartment in the rue du Bac, and in his Los Angeles home where he often had to give his place for endless meetings of the Black Panthers invited by his wife: "Seberg spends her time giving our address to all the young American losers who believe that Atlantis exists. This explains why one day I found six beatniks sleeping in sleeping bags in our apartment on rue du Bac. One of them had our address for four years, and he was sharing it with friends."
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