Rarissime affiche du premier long métrage de Jean-Pierre Melville que les historiens du 7e art tiennent pour l’un des films fondateurs de la Nouvelle Vague.
Tourné en 1947, Le Silence de la mer est le premier opus d’une trilogie dédiée à la France sous l’Occupation ; Léon Morin, prêtre (1961) et L’Armée des ombres (1969) viendront en achever le cycle. Il est surtout, pour le jeune Grumbach alias Melville (en hommage au romancier américain) le départ de la carrière que l’on sait, où le compromis n’eut jamais droit de cité. 
Déjà, et alors qu’il s’apprêtait à réaliser ce film dans des conditions plus que précaires (manque de finances, de soutiens etc.) il se refusa à tous adoubements à quelques chapelles que ce fut – syndicats, partis politiques. Pour le résistant qu’il avait été, la lecture du Silence (faite à Londres en pleine guerre) l’avait convaincu de le porter à l’écran. Il fonda son propre studio de production mais lorsqu’il en demanda les droits d’adaptation, il découvrit que Louis Jouvet l’avait précédé et, après plusieurs vaines tentatives auprès de Vercors lui-même, alors directeur du CNE (Comité national des Écrivains) et des Éditions de Minuit, d’aucuns auraient abandonné. Il s’obstina. Vercors finit par le soutenir. Il commença par accepter le curieux marché que le jeune réalisateur lui proposait : si lors d’une projection privée devant un public de résistants il ne remportait pas l’unanimité, il détruirait la pellicule. Puis il l’aida en lui prêtant sa propre maison de Villiers-sur-Morin en Seine-et-Marne, qui servît de décor principal au film.
Lorsqu’elle sortit en salle, le 22 avril 1949, dans ce qui était alors le plus grand réseau de distribution français, le Gaumont-Palace-Rex, la version filmée du Silence avait déjà remporté l’approbation totale de Vercors au soir de la fameuse projection privée qui avait eu lieu le 11 novembre 1948
« Pendant un an – le plus heureux de ma vie, je dois le dire – nous avons été plongés dans la misère la plus totale. Mais la sensation de réaliser quelque chose d'important, tout en étant démuni était merveilleuse. » Jean Pierre Melville.
Très rare affiche dans son format d’origine 120 x 160, soigneusement entoilée.
Première version, imprimée à quelques centaines d’exemplaires.
Légères craquelures centrales et au vernis d’origine, sinon très bon état de cette spectaculaire affiche.

 
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