S.l.n.d. [Paris, Barraud, d'après les plaques originales, circa 1873]
1 recueil (500 x 326 mm) de 31 gravures plus ou moins libres, en feuilles, sous chemise plein papier à lacets, pièce de titre (d'origine) contrecollée au premier plat.
Édition originale.
Tirage unique à 100 exemplaires, en feuilles. 
"L'Oeuvre priapique", un recueil de vingt-trois planches de Denon représentant des sujets à connotation érotique, prévu pour paraître à Paris, fin 1793, chez N.C. Aubourg Hôtel Bullion rue J. J. Rousseau. Hétéroclite d'esprit, de facture et aussi de dimensions - on trouve aussi bien des scènes tirées des monnaies antiques, de peintures romaines du musée de Naples d'Herculaneum que des compositions inventées par Denon -, cette suite constitue la première démarche de Denon graveur, lorsqu'il arrive à Paris, pour tenter d'exploiter son fonds et de gagner un peu d'argent. 
Initiative bien mal venue et qui témoigne de sa méconnaissance du climat ambiant. En cet an II de la République, l'initiative est politiquement incorrecte, voire dangereuse : Robespierre dans le grand "Discours sur les principes de morale politique..." qu'il prononce le 4 février 1794, proclame que « dans le système de la révolution française, ce qui est immoral est impolitique, ce qui est corrupteur est contre-révolutionnaire ». Et, sur proposition de Wicar, la Société républicaine des arts décide, le 22 avril 1794, de dresser une liste des ouvrages répréhensibles et obscènes pour être dénoncés au Comité de Salut public. "L'Œuvre priapique" fait partie du lot et le recueil a été très vite retiré, si tant est qu'il ait été mis en vente : il ne subsiste tout simplement aucun exemplaire connu de ce tirage, et la composition exacte n'a jamais pu être établie avec certitude. 
Il faudra attendre près de 80 ans pour voir enfin publier cette oeuvre gravée : ce n'est que dans la seconde partie du siècle que le libraire-éditeur Barraud acquiert l'intégralité des cuivres originaux, parmi ceux conservés, de Denon. Il réalise alors en 1873 une édition de l'oeuvre gravée, soit 317 planches - dont celle des "Priapées", révélées ici pour la première fois au grand public et imprimées à 100 exemplaires. À la série initiale de 23 gravures, Barraud procède au tirage de huit gravures supplémentaires, inédites. De nombreuses contrefaçons verront le jour par la suite, notamment des retirages des planches les plus célèbres comme celles du "Roi Phallus", ou celle du "Phallus phénoménal", qui est bien évidemment une transposition plaisante du thème swiftien de Gulliver échoué sur le rivage de Lilliput. 
La majeure partie des gravures est signée « D » en marge inférieure ; six sont signées, une datée, quatre signées et datées, deux légendées (dont une, représentant un coït asiatique, légendée en idéogrammes), une signée et légendée. 
Notre recueil comporte l'intégralité des planches, imprimées sur vergé, à toutes grandes marges et en parfait état. 
Il provient de la bibliothèque de Louis Perceau.
Cohen, 285 ; Gay-Lemmonyer, II, 451.9168

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