Genève, Engelberts, 1963
1 vol. (319 x 251 mm) de 32 ff. paginés de 9 à 55. En feuilles, sous emboitage. 
Première édition illustrée et quatrième version du texte, le plus complet, en 41 fragments.
Un des 2 exemplaires entièrement manuscrit, sans la typographie : René Char y copia le texte sur l'édition d'Engelberts, au milieu des 27 lithographies originales de Georges Braque, tirées par Mourlot, sur vélin de Rives. 
C'est peu après la publication de Feuillet d'Hypnos (1946), en particulier au moment de l'exposition d'art moderne organisée par Yvonne Zervos pour le premier festival d'Avignon en 1947 que Georges Braque et René Char se sont rencontrés. Jusqu'à la mort du peintre, leur "conversation souveraine" s'est poursuivie au long d'une amitié qui s'est approfondie, selon la phrase de Georges Braque "chemin faisant". 
C'est cette rencontre princeps qui est ici évoquée à la justification avec cette note autographe de René Char :  "une pensée pour la Sorgue de R.C. G.B. - 21 mars 1963. Avignon, Hôtel d'Europe, souvenir de l'été 1947. Exemplaire 1/2".
Georges Blin rédigera la préface du catalogue de l'exposition Braque-Char (13 au 31 mai à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet). Au sortir de cette exposition, point d'orgue d'un long travail entamé dès 1958, Braque se consacre à la prochaine exposition new-yorkaise des Bijoux de Braque, après une inauguration parisienne en mars. C'est pendant le transfert de la collection, le 31 août, à bord du paquebot France, que le peintre décède. Une oraison funèbre, prononcée par André Malraux, Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles, est organisée devant les colonnes du Louvre. Braque fut aussi, avec Miro, celui qui le plus souvent a illustré la poésie de son ami : Héraclite d'Ephèse, (1948), Le Soleil des eaux (1949), A Braque (1955), La Bibliothèque est en feu (1956), Jeanne qu'on brûla verte (1956), Cinq poésies en hommage à Georges Braque (1958 ), Le Ruisseau de blé (1960), Nous ne jalousons pas les dieux... (1962) et enfin Lettera Amorosa, sans doute la plus belle et la plus lumineuse de leur collaboration.
Les lithographies de Braque pour illustrer cet ouvrage utilisent "toutes les couleurs de la palette à l'exception du rouge, jugé trop agressif pour traduire le sentiment de solitude et d'abandon qui émane de l'oeuvre" (Eve Duperray, René Char dans le miroir des eaux, 2008, n° 50 et 57) ; Vallier, Braque, 187 ; L'Atelier du poète, 527 ; Mourlot, 119 à 140 , Coron, " René Char, manuscrits enluminés par les peintres", 1980, n°20 ; Coron, René Char, n° 132, pp. 128 et sq. ; Cramer 1982, 27 ; Bibliothèque Doucet, exposition René Char-Georges Braque, 1958.
Provenance : René Char (exemplaire présenté à l'exposition René Char - Manuscrits enluminés par des peintres du XXe siècle, n° 20). 
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