Marseille, Les Cahiers du Sud, (21 avril) 1935
1 vol. (135 x 220 mm) de 41 p., [2] et 1 f. Cartonnage de toile rouge, dos lisse, titre doré en long, premier plat de la couverture conservé.
Édition originale.
Un des 40 premiers exemplaires sur hollande (n° 14), seul papier.
Envoi signé : « à Madame Victoria Ocampo ces pages où il y a moins à prendre qu'à laisser, avec toutes les sympathies de l'esprit, Roger Caillois ».
Rompant en 1934 avec le « Pape du Surréalisme », Caillois s'érige en « Pape de la phénoménologie ». Il instruit le procès en excommunication de l'« Art pur », impropre à faire progresser l'étude des phénomènes de la conscience. Cet acte d'accusation, sévère, voire terroriste, vise autant les émules de Mallarmé, en quête de l'essence transcendentale de l'art, que Breton lui-même, plus préoccupé en 1935 de poésie que de techniques d'exploration de l'inconscient. Mais, plus encore qu'un procès, il est l'acte fondateur d'un ambitieux projet : la constitution d'une phénoménologie générale de l'imagination, qui occupera Caillois sa vie durant.
Victoria Ocampo a quarante neuf ans lorsqu'elle fait la connaissance à Paris, chez Jules Supervielle, de Roger Caillois qui en avait ving-six. Elle lui propose un voyage à Buenos Aires. Caillois accepte; il se rend en Argentine où il apprend l'espagnol et, par l'intermédiaire de Victoria, connaît les écrivains essentiels du continent sud-américain. Six livres de lui seront traduits et édités par SUR. Victoria offre à Caillois tout ce qu'elle possède pendant six ans et en particulier la direction d'une seconde revue, à l'intérieur de SUR, appelée Les Lettres Nouvelles, où il accueille des écrivains de la France libre. À la fin de la guerre, Roger Caillois rentre à Paris et fonde chez Gallimard la collection La Croix du Sud où il fait paraître la plupart des écrivains qu'il a connu à Buenos Aires et en premier Fictions de Borges. 
Magnifique provenance. 
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