1Giuseppe  GARIBALDI. Les mille  
Paris, Charles Silvain, 18751 vol. ( 135 x 220 mm). Demi-chagrin prune, dos à nerfs, titre doré (reliure de l'époque).
3 000 €
Édition originale de la traduction française.
Envoi signé
: " à mon cher ami Gambetta, G. Garibaldi ".
Garibaldi est considéré, à juste titre, comme l’un des « pères de la patrie » italienne. Personnage fondamental du Risorgimento italien pour avoir personnellement conduit et combattu dans un grand nombre de campagnes militaires qui ont permis la constitution de l’Italie unifiée, il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des entreprises militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871, les comités de Défense nationale, sous l’impulsion de Gambetta, font appel à Garibaldi, qui met alors son épée au service de la France : les 25 et 26 novembre, avec ses deux fils, Ricciotti et Menotti, à la tête de 10 000 tirailleurs français de l’armée des Vosges, il remporte une victoire à Dijon. Élu en février 1871 sur les listes de l’Union républicaine, sans avoir été candidat, à l’Assemblée nationale française comme député de la Côte-d’Or, de Paris, d’Alger et de Nice - sa ville natale. 
Les Mille revient sur l'expédition conduite en 1860 par Garibaldi : c’est un épisode glorieux du Risorgimento, lorsqu'un corps de volontaires, dirigé par Giuseppe Garibaldi, débarqua dans le sud de l'Italie afin de conquérir le Royaume des Deux-Siciles, alors gouverné par les Bourbons.
Merveilleuse et adéquate provenance politique
Légers accrocs à la reliure, sinon bon exemplaire.

28746

Gustave FLAUBERT. Trois contes : Un coeur simple. La Légende de saint Julien l'Hospitalier. Hérodias
vendu
Édition originale. 
Un des 100 exemplaires sur hollande.
Flaubert, pour aider sa nièce en proie à des difficultés financières, reprend un vieux projet, « La Légende saint Julien l'Hospitalier », qu'il rédige de septembre 1875 à février 1876. C'est le premier des trois contes, auquel il ajoutera « Un coeur simple » et « Hérodias ». Le recueil paraît chez Charpentier le 24 avril 1877, après des publications dans 'Le Moniteur universel' et 'Le Bien public', au début du même mois d'avril . Trois contes constitue la dernière production achevée de Flaubert, qui devait décéder trois ans plus tard, près de 30 ans après les premières ébauches de « La Légende saint Julien l'Hospitalier », qui datent de 1844.
Très bel exemplaire dans une exquise reliure de Noulhac.
Des bibliothèques R. & B. L. (VII, 2018, n° 88)
Jean COCTEAU. La Lampe d'Aladin 
Paris, Société d'éditions, (1er février) 19091 vol. (140 x 180 mm) de 187 p. et [1] f. Broché.
vendu
Édition originale.
Envoi signé
: " pour mademoiselle Marthe de Faucamberge, en très cordial et respectueux souvenir, Jean Cocteau ". 
Le 4 avril 1908 au théâtre Fémina, lors d'une matinée littéraire organisée en son honneur par Edouard De Max, Jean Cocteau fut présenté comme le plus jeune et le plus talentueux poète de son temps. Il n'a que dix-neuf ans. Dix mois plus tard paraissaient à compte d'auteur les vers romantiques réunis ici, inspirés des Mille et une nuitsMalgré le succès de la lecture de quatre poèmes de Cocteau que fit Édouard de Max au théâtre Fémina, le poète refusa toute réédition ; il reniera toute sa vie ses premiers poèmes et insista pour que les exemplaires invendus soient détruits. 
Marthe de Faucamberge participa à la revue Schéhérazade (1909-1911), dont Cocteau fut le rédacteur en chef ; elle y écrit sous le pseudonyme d'Aurel. Mariée en seconde noce au dramaturge Alfred Mortier, elle tient un salon littéraire dans le 17e arrondissement : Cocteau fut l'un des habitués de ces soirées. La façade de l'immeuble, au 20 rue du Printemps, porte encore deux imposantes plaques de marbre gravées aux noms d'Aurel et de Mortier. 
28516

Paul MORAND. Rien que la terre
Paris, Grasset, (12 juin) 1926. 1 vol. (165 x 220 mm) de 258 p., [2] et 1 f. Demi-maroquin vert à coins, dos à nefs, titre doré, date en pied, tête dorée, couverture et dos conservés (reliure de signé de Patrice Goy - Claude Ribal dor.).
1400 €
Édition originale.
Un des 55 exemplaires réimposés in-4 Tellière sur chine
(n° 4), sous double couverture Grasset.
Voici un homme qui a tout reçu, la gloire littéraire, les biens de la fortune, les honneurs et l'amour. Peut-on dire qu'il a été heureux ? Hélène Morand s'explique sur ce sujet : "Ce qu'il y a de plus profond, de plus certain et de plus incompréhensible chez Paul, c'est son inaptitude au bonheur. D'où cette inquiétude, cette recherche, ce besoin d'être ailleurs." Tour à tour dandy glacé, Bouddha sarcastique, voyageur traqué, homme pressé, mondain désabusé, Morand était un "croyant" du voyage et Rien que la terre répond à cette angoisse :  : "Nous croyons que le voyage, cette fuite à travers l'espace, nous empêchera de sentir la fuite du temps (...) Il ne me reste que la lune ».
Très bel exemplaire, joliment établi par Patrice Goy et titré par Claude Ribal. 

27742

Charles de GAULLE. L'Action de guerre et le Chef. Conférence faite à l'École supérieure de guerre, le 7 avril 1927, sous la présidence de M. le Maréchal Pétain  
Imprimerie Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg, 1928. 1 vol. de 22 p.-[1 f.]i, couverture verte impr. ; broché.
6 000 €
Édition originale. 
Rare tiré à part de la Revue Militaire Française de mars 1928.

Envoi signé : « Au Lieutenant Bonhomme, Affectueux hommage. 2/5/28 C.de Gaulle ».
Ce texte constitue l'un des chapitres les plus importants du Fil de l'épée : c'est d'ailleurs - preuve de son importance - le seul texte à paraître en revue qui sera repris pour la publication de 1932. Sans doute parce qu'il contient les bases du concept du commandement tel que les perçoit le commandant de Gaulle :  une combinaison de facteurs ayant trait à la personnalité des chefs tout autant qu'aux qualités d'organisation de toute une armée ; la connaissance des hommes et du terrain, de son armée et de ses adversaires était acquise par l'expérience, ainsi que l'étude approfondie de l'Histoire, surtout celle des grandes batailles, tout cela complétait les qualités nécessaires à faire un grand chef. A ces deux éléments fondamentaux vient s'ajouter un troisième : l'autorité dont est investi le chef militaire par les responsables politiques. 
Précieux exemplaire offert à l'aide de camp et officier d'ordonnance du Maréchal, le lieutenant Léon Bonhomme.
C'est l'un des collaborateurs les plus fidèles de Pétain puisqu'il demeure à ses côtés depuis 1924 jusqu'à sa mort accidentelle le 10 janvier 1944.Il sera promu capitaine en 1930, puis lieutenant-colonel en 1942.
Exemplaire de choix, qui plus est en parfaite condition.
28580
6 Jean de LA VARENDE. Man' d'Arc 
Paris, Grasset, coll. "le trentenaire", (29 novembre) 19391 vol. (125 x 185 mm) de 387 p. et [1] f. Demi-chagrin vert à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés, étui (reliure signée de Honnelaître).
3 000 €
Édition originale.
Un des 13 premiers exemplaires sur japon (n° 14).
En 1832, Madame, duchesse de Berry, et mère de l'héritier légitime dut trône de France, tente de soulever la Vendée pour rétablir son fils dans ses droits. Louis de Réville, gentilhomme normand, rejoint les rangs des insurgés afin de servir la cause, accompagné de sa garde rapprochée. La fille de ces gardes, Manon, dit Mann, à qui son intrépidité vaudra le surnom de Man' d'Arc - les accompagne. Au milieu des batailles et des camps de fortunes, c'est elle, la petite paysanne, qui a le plus d'affinités avec la princesse, jusqu'au sacrifice d'une vie pour une cause perdue.
Un des grands romans de la Varende. 
Bel exemplaire d'un tirage des plus rares. 

28507

Charles de GAULLE. Lettre autographe signée à Joseph Kessel 
S.l., 17 juillet 1952. 1 page et demie in-8 à son en-tête Le Général de Gaulle.
7 000 €
Belle et rare lettre de Charles de Gaulle adressé à Georges Kessel, le félicitant pour la publication de son recueil Au grand Socco.
« Dans Au grand Socco, vous avez mis beaucoup de talent. Je vous en félicite, heureux de voir couler, forte et claire, la source d’idées, d’images, de couleurs, de sentiments, qui fait de vous le grand romancier et écrivain que vous êtes. Sachez, mon cher Kessel, que j’ai gardé vivant le souvenir de nos rencontres des temps héroïques »
Les sept nouvelles de ce recueil furent écrites pendant l'été 1951. Kessel avait élu domicile sur l'île de Djerba baignée par les eaux du golfe de Gabès, en compagnie d'intimes : sa compagne Michèle O'Brien et son neveu, Maurice Druon. Premier lecteur enthousiaste, celui-ci se rendra quelque temps plus tard à Tanger où il se fit aussitôt conduire au grand Souk de la ville, le Grand Socco. Ce « décor pour Graham Greene, beau mais sans plus » était devenu sous la plume de Kessel le « Bagdad des Mille et Une Nuits et la place Djemaa-el-Fna de Marrakech » ; Druon écrivit à son oncle : « Mon grand Jef, j'ai compris, je viens d'aller au Grand Socco. Tu es un faussaire. Dans le genre d'Homère ! ». 
On joint le tirage de tête : un des 46 premiers exemplaires sur parcheminé azuré ; celui-ci est nominatif pour l'ami de Kessel, le docteur André Varay, avec un mot autographe : " en toute amitiés, Jef ". 

Un des titres les plus rares de Kessel en grand papier, et sans doute son meilleur recueil de nouvelles. 
Très bel ensemble.

28581

Salvador DALI. Le mythe tragique de l'Angélus de Millet
Paris, Jean-Jacques Pauvert, (15 octobre) 19631 vol. (275 x 214 mm) de 166 p. Cartonnage éditeur, 33 planches hors-texte dont 3 en couleurs, 2 illustrations dans le texte de Dali dont l'une d'après Millet.
1 800 €
Édition originale.
Envoi signé
: « Monsieur Max-Pol Fouchet, Dali, 1963 ».
Analysant l'oeuvre de Jean-François Millet à coup d'associations personnelles, irrationnelles et on ne peut plus obsessionnelles, Salvador Dali en vint à des interprétations dont on ne résiste pas à donner ici un aperçu : la fourche fichée en terre par le paysan signifie la pénétration sexuelle mais aussi un scalpel de dissection ; le chapeau, que ce même homme tient contre lui « essaie de cacher son état d'érection » tandis que les poignées de la brouette derrière la femme répondent à la prière d'une mante religieuse. La suite et l'ensemble de cette interprétation « paranoïaque-critique », selon l'appellation de l'auteur, figure dans un texte écrit en 1938, que Dali laissera longtemps sous le boisseau avant de l'éditer chez Jean-Jacques Pauvert en 1963.
Les exemplaires dédicacés sont peu fréquents. 
28715

Émile AJAR. La vie devant soi
Paris, Mercure de France, (21 août) 1975. 1 vol. (155 x 225 mm) de 269 pp. et [1] f. Broché, emboitage à reprise de décor de Julie Nadot.
6 000 €
Édition originale (premier tirage), sous la fragile couverture pelliculée illustrée par André François.
Envoi signé : 
" pour M. Monsieur Max-Pol Fouchet, que j'ai toujours aimé beaucoup. Très cordial hommage d'Emile Ajar ", de la main de Paul Pavlovitch.
« Ce fut seulement après avoir terminé Gros-Câlin [publié en 1973] que je pris la décision de publier le livre sous un pseudonyme, à l’insu de l’éditeur. Je sentais qu’il y avait incompatibilité entre la notoriété, les poids et mesures selon lesquels on jugeait mon œuvre, la gueule qu’on m’avait faite, et la nature même du livre ». Ainsi, en 1975, Romain Gary-Emile Ajar va encore plus loin et, devant le succès colossal de La Vie devant soi, il fera porter l'identité à son neveu. Le livre sera tiré à 400.000 exemplaires immédiatement après avoir été couronné du prix Goncourt - faisant de Gary le seul écrivain français à avoir obtenu deux fois le prix, après l'avoir remporté en 1956 pour Les Racines du ciel. 

Dans Vie et mort d'Emile Ajar, qui paraîtra peu de temps après son suicide le 2 décembre 1980, Gary donne les clés de l'affaire Ajar, concluant son testament littéraire par ces mots : "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci".
Les dédicaces de Ajar-Pavlovitch sur La Vie devant soi sont d'une grande rareté, surtout en premier tirage. Nous n'avons répertorié à ce jour que deux autres exemplaires significatifs : ceux de Jean Cayrol et Raymond Queneau.
Très bel exemplaire du premier tirage.
28702

10 Émile AJAR. Pseudo
Paris, Mercure de France, (15 novembre) 19761 vol. (170 x 260 mm) de 213 p. et [3] f. Broché, non coupé.
Édition originale (premier tirage à la bonne date), sous la couverture illustrée par William Cowper.
Envoi signé
 : «  Pour Max-Pol Fouchet et son travail critique, considération amicale, Emile Ajar", de la main de Paul Pavlovitch.
4 000 €
Le titre sonne comme un pied de nez à la lueur de la révélation de ce qui fut certainement la plus grande supercherie de l'histoire littéraire (Romain Gary n'en reconnaît qu'une d'égale ampleur, celle de Macpherson inventant le poète Ossian). Las de la « gueule » qu'on lui faisait depuis trente ans, Gary revient au monde sous le nom d'Émile Ajar. « C'était une nouvelle naissance. Je recommençais. Tout m'était donné encore une fois. » Après le succès de Gros Câlin, premier des Ajar, Gary perfectionne son stratagème pour la sortie de Pseudo, écrit en quinze jours, en donnant un visage à son double. Ce sera son cousin Paul Pavlovitch qui incarnera l'écrivain. Gary s'amusera de ce que personne ne le reconnaisse derrière ses textes, de ce que les critiques qui encensaient Gary descendent Ajar en flamme et inversement. Et à ceux qui reprochait à Pseudo d'être un livre « vomi » d'où toute « rouerie » était absente, Gary répondra : « S'il est un livre de vieux professionnel, c'est bien Pseudo : la rouerie consistait à ne pas la laisser sentir. Car il se trouve que ce roman de l'angoisse, de la panique d'un être jeune face à la vie devant lui, je l'écrivais depuis l'âge de vingt ans, l'abandonnant et le recommençant sans cesse, traînant des pages avec moi à travers guerres, vents, marées et continents, de la toute jeunesse à l'âge mûr... »
Écrit en quinze jours en 1976 par un Romain Gary claquemuré dans un studio à Genève, Pseudo se présente comme le récit furieux, impulsif et brutal destiné à clore le bec de tous ceux qui spéculent sur la véritable identité d'Émile Ajar. « Mais qui est donc cet Ajar ? » se demande le Tout Paris. « Mon neveu Paul Pavlovitch », répond Gary, bien décidé à pousser jusqu'au bout la supercherie. Avec Pseudo, Gary reconstruit pièce à pièce toute la défense Ajar, avec la maîtrise implacable des pires machinations. Dans cette autobiographie du supposé Paul Pavlovitch, Gary atteint son but : mettre fin aux rumeurs, duper la presse et régler un certain nombre de comptes avec... lui-même, où l'imposture poussée à son comble a pour effet de produire de l'authentique : « J'ai inventé de toutes pièces un Paul Pavlovitch dans le roman. Un délirant. J'ai voulu exprimer l'angoisse et je t'ai chargé de cette angoisse. Je règle aussi des comptes avec moi-même - plus exactement, avec la légende qu'on m'a collée sur le dos. » Un an après La Vie devant soi, le puzzle reste tout entier mystérieux, et Gary s'en réjouit ! 
▶️ Un des 65 premiers exemplaires sur vergé d'Arches (n° 11) - seul grand papier.
vendu

11 Romain GARY. Tulipe 
Paris, Gallimard, (13 mars) 1970. 1 vol. (120 x 190 mm) de 176 et [6] p. Broché.
20 000 €
Édition définitive, en partie originale (pas de grands papiers). 
Magnifique envoi signé de Romain Gary à Max-Pol Fouchet. 
Les envois signés de Gary à des critiques littéraires sont rares, et les envois de connivence et de remerciements le sont encore davantage. A l'extrême. La raison en est ici donnée par Gary, qui a toujours trouvé cela "inconvenant". Mais, bien plus, la dédicace exceptionnellement envoyée à Max-Pol Fouchet, après son article donné à la lecture des Cerfs-volants, est l'une des plus émouvantes jamais écrites par Gary, quelques mois avant son suicide : 
« Cher Max-Pol-Fouchet, je n'ai encore jamais remercié un critique, cela me paraissait inconvenant - j'ai même été éreinté par une dame à cause de cela - mais votre papier sur Les Cerfs Volants m'a profondément touché, et alors, en fin de parcours, je vous envoie, avec gratitude ce livre de mes tout débuts (1944-45), puisque vous êtes un de ceux qui ont suivi depuis tant d'années avec tant d'attention et de bienveillance, tous les cerfs-volants que j'ai lancés parmi les autres, illustres, qui demeurent encore visibles dans le ciel... Romain Gary, 6 juin 1980 - (Ce jour-là, il y a 40 ans, je lançais, hélas ! tout autre chose que des cerfs-volants...) »
Tulipe, rescapé de Bergen-Belsen, réside dans un sordide logement d'Harlem. En double littéraire de Gary, il est l'incarnation d'un idéalisme désespéré qui connaît, au prix d'une usurpation d'identité, les honneurs des médias. L'auteur, insolent et caustique, se livre également à une virulente critique de l'économie, de la politique et de la bêtise humaine. Inspirée du théâtre de l'absurde, ce roman constitue, à en croire le général de Gaulle, « une peinture admirable où se côtoient idéalisme et cynisme, apostolat et fumisterie, douleur et ricanement ». 
Gary, signant ici - un 6 juin, jour anniversaire du débarquement  - et « en fin de parcours », une dédicace évoquant tour à tour ses débuts en littérature, sa fin prochaine, la guerre et ses bombes par lui-même larguées et tous les autres « cerfs-volants lancés » depuis, constitue un témoignage exceptionnel à plus d’un titre. 
Ce merveilleux ensemble de ces trois titres dédicacés par AJar / Gary à Max-Pol Fouchet est pour l'heure unique, signe d'un suivi dans la relation critique qui est, chez Gary, tout à fait exceptionnel. 
28701

12 Alice WALKER. The Color Purple 
New York, Harcourt, Brace, Jovanovich [1982]. 1 vol. (145 x 225 mm) de 3-245 p. et 1 f. Cartonnage éditeur et jaquette
vendu
Édition originale
Premier tirage, avec la mention de "first edition" and BCDE.
Exemplaire signé par Alice Walker au faux-titre.
Ce roman épistolaire obtient le prix Pulitzer de la fiction et le National Book Award en 1983, avant d'être adapté deux ans plus tard au cinéma par Steven Spielberg. Titre emblématique de la fiction afro-américaine, son récit suit la vie de Celie, une femme afro-américaine vivant dans le Sud, en Géorgie, à l'époque de Jim Crow. Le roman fut fréquemment la cible de la censure et figure dans la liste des 100 livres les plus fréquemment censurés de l'American Library Association, à cause de la violence qui y est exprimée par un langage peu châtié et un contenu sexuellement explicite. Et vraisemblablement aussi pour ses thèses très engagées dans la lutte contre la discrimination.
Alice Walker, devient avec ce titre la première femme noire à obtenir le prestigieux Pulitzer et de connaître un succès très important. Il demeure l'un des plus grands succès de l'histoire littéraire américaine.
Rare "Review copy", distribuée à partir de juin 1982, qui a conservé son étiquette éditeur de liaison ; premier état de la jaquette (Ahearn, Spectaculaire exemplaire en parfait état neuf. 
28561

13 Salman RUSHDIE. The Satanic verses 
S.l.n.d. (privately printed, 1988).

4 000 €
Première édition du texte définitif, en tirage photocopié du tapuscrit original. Il montre les corrections finales de la main de l'auteur. 
Tirage unique à 10 exemplaires, celui-ci n° VIII (après 3 exemplaires A, B et C signés par Rushdie)
La couverture contrecollée présente un dessin alternatif inédit pour l'illustration de la jaquette, qui diffère de celle qui sera utilisée sur les "proofs copies" et les éditions publiées chez Viking Press. Rarissime pre-"proof copy". 

14 Salman RUSHDIE. The Satanic verses 
 London, Viking, 1988. 1 vol. (160 x 245 mm). Cartonnage et jaquette éditeur. 
vendu
Édition originale. 
L'exemplaire est signé par l'auteur,
sur l'habituel carton qu'il faisait contrecoller en page de titre.
Le 14 janvier 1989, 1500 personnes s'étaient rassemblées devant la mairie de Bradford, une ville industrielle du nord de l'Angleterre, pour brûler des piles d'exemplaires des Versets sataniques. Un mois tout juste plus tard, en Iran, l'ayatollah Khomeyni lançait une fatwa contre Salman Rushdie, appelant à son meurtre. La vie, depuis, de Salman Rushdie est menacée. 
L'exemplaire est enrichi du tract imprimé édité par le "Rushdie Defense Committee USA", rédigé par Don DeLillo et Paul Auster, publié dans le but de sensibiliser le public à la situation critique de Salman Rushdie.
Bel exemplaire, tel que paru. 
L'exemplaire est celui de toute première émission, avec la jaquette de couleur violette au prix de £12.95.

28562


PRIX NOBEL 

La France est le pays qui totalise le plus de prix Nobel de littérature, avec 16 distinctionsSully Prudhomme, Frédéric Mistral, Romain Rolland, Anatole France, Henri Bergson, Roger Martin du Gard, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Saint-John Perse, Jean-Paul Sartre (refuse le prix), Claude Simon, Gao Xingjian, J. M. G. Le Clézio, Patrick Modiano et Annie Ernaux.
Parmi eux, nous avons sélectionnés quelques titres de leurs œuvres, le Nobel récompensant, selon le testament du chimiste suédois Alfred Nobel, un écrivain ayant rendu de grands services à l'humanité grâce à une œuvre littéraire qui « a fait la preuve d'un puissant idéal ».
Le classement est chronologique, par ordre d'attribution de prix Nobel.

NOBEL 1915
Romain ROLLAND. Jean-Christophe
Paris, Cahiers de la Quinzaine, 1904-191217 vol. (125 x 180 mm). Demi-chagrin rouge, dos à nerfs, titres dorés, têtes dorées, couvertures conservées.
vendu
Edition originale.
Collection complète
, constituée en trois parties, chacune divisée en chapitres : 
Jean-Christophe : I. L’Aube. II. Le Matin. III. L’Adolescent. IV. La Révolte : 1. Sables mouvants, 2. L'Enlisement, 3. La Délivrance.
Jean-Christophe à Paris : I. La Foire sur la Place. Antoinette. II. Dans la Maison.
La Fin du voyage : I. Les Amies. II. Le Buisson Ardent. III. La Nouvelle Journée.
Bel ensemble, rare en premières éditions comme ici. 
Dos légèrement passés.
26227


NOBEL 1937
Roger MARTIN DU GARD. Les Thibault 
Paris, Nouvelle Revue française, 1922-1938. 11 volumes (130 x 190 mm). Chagrin bleu, dos lisse titré, couverture et dos cons. ; coffret commun.
 6 000 €
Éditions originales, qui forment le rare et intégral ensemble de la grande fresque de Roger Martin du Gard.
Un des 108, 109 ou 38 exemplaires réimposés in-4 Tellière : les deux derniers volumes. (L'été 1914 et Epilogue) n'ont été tirés qu'à 38 exemplaires dans ce format, ce qui porte le nombre maximum de séries complètes à ce nombre
"Écrirai-je un livre sur la guerre, comme tu l'affirmes gratuitement ? Je te jure qu'en ce moment, au fond de ma conscience, je ne le crois pas" (lettre à André Fernet, avril 1916). Martin du Gard a tenu parole : il n'a pas joint sa voix aux témoins comme Barbusse, Dorgelès, Duhamel, Genevoix ou Jules Romains. Mais, quatre ans plus tard, il établit le plan monumental des Thibault, dont le premier volume paraîtra en 1922. . La parution régulière des six premiers livres, jusqu'en 1929, sera interrompue pendant quatre ans. Une période de maturation au sortir de laquelle l'auteur renonce au plan initial et rassemble sa documentation pour L'Été 1914, qui paraîtra en trois tomes en novembre 1936, suivi en janvier 1940 de l'Épilogue, auquel il aura travaillé de 1937 à 1939. 
Une des grandes fresques du XXe siècle ; rare dans ce tirage réimposé. 
De la bibliothèque Lucien-Graux (ex-libris). En français dans le texte, 349.
19434

NOBEL 1947
André GIDE. Saül. 
Paris, Mercure de France, 1903. 1 vol. (110 x 170 mm) de 206 p. et 1 f. Broché, chemise et étui.
vendu
Édition originale.
Tirage unique à 120 exemplaires
sur vergé d'Arches.
Envoi signé : « à Madeleine, son André G., Cuverville, juillet 1903 ».
Précieux exemplaire offert à Madeleine Rondeaux, sa cousine germaine et épouse.
Il la fréquenta dès l'enfance, à Cuverville, dans la demeure de son oncle maternel, Émile Rondeaux, dont elle héritera en 1890. Il a vingt ans et veut persuader sa cousine de l'épouser, ce qu'elle refusa d'abord. Leur affection est réelle, mais sans désir. Gide insiste et, pour concrétiser ces « éternelles fiançailles » évoquées dans La Porte étroite et convaincre Madeleine, Gide écrit une confession à peine déguisée : André Walter, héros chaste et pur, aime sa cousine Emmanuelle, mais résiste victorieusement aux assauts de la chair. André et Madeleine se marieront en octobre 1895 et l'union religieuse au temple d'Étretat est décrite dans L'Immoraliste.
28468

NOBEL 1952
François MAURIAC. Thérèse Desqueyroux
Paris, Grasset, (9 février) 19271 vol. (125 x 190 mm) de 241 et [1] pp. Maroquin aubergine, plats ornés d'un double listel de maroquin brun clair et files dorés, dos à nerfs reprenant sur les caisson le listel des plats, doublures en daim beige à encadrement avec listel de maroquin bordeaux et filets dorés, gardes de daim beige, titre doré, date en pied, filet doré sur les coupes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos conservés (reliure signée de Devauchelle).
vendu
Édition originale.
Un des 7 premiers exemplaires sur Ronsard Muller (n° 3). 
C'était le procès de l'année 1905. François Mauriac, alors tout jeune écrivain de vingt et un ans, suivait chaque jour, à Bordeaux, cette affaire qui passionnait la France entière. Fasciné par cette jeune femme, Henriette-Blanche Canaby, il en tirera trois nouvelles, puis ce roman qui traduit le conflit janséniste récurent entre la liberté et la grâce. Mais pourquoi diable a-t-elle essayé d'empoisonner son mari ? Haïssait-elle donc son époux au point de vouloir le tuer ? Premier grand roman de Mauriac, il sera son chef-d'oeuvre, à l'origine du prix Nobel qu'il obtiendra en 1952, deux ans après que Thérèse Desqueyroux fût inclus dans la liste du Grand prix des meilleurs romans du demi-siècle, qui consacrait les douze meilleurs romans publiés entre 1900 et 1950.
Exemplaire parfait du tirage le plus rare d'un titre de Mauriac.
De la bibliothèque Charles Hayoit (ex-libris ; vente à Paris les 30 novembre et 1er décembre 2001, n° 1091)
22532

NOBEL 1957
Albert CAMUS. Actuelles |Actuelles II | Actuelles III
Paris, Gallimard, (juin) 1950, (septembre) 1953, (juin) 1958. 3 vol. (125 x 190 mm) de 270 pp. et 1 f., 186 pp. et 1 f. ; 212 pp. et 2 ff. Brochés.
4 000 €
Édition originale.
Exemplaires en premier tirage, sans mention ; en service de presse pour les tomes I et III.
Envoi signé au tome II  « à Natacha et Brice Parain, bien affectueusement, Albert Camus ».
Jointe : belle lettre autographe signée à Brice Parain. 
S.l., 5 juillet [1953]. 2 p. et 1 f. (130 x 200 mm), à l'encre, signée.
Marges légèrement effrangées.
" Mon passage a Paris n'a été qu'un éclair et je n'ai vu personne. Il m'a fallu recourir ici, à l'immortalité. Je travaille un peu et essaie de rester à la hauteur de ce qui m'arrive. Des recours ? Rien sinon l'espèce de confiance obstinée que j'ai dans mon étoile. Mais les jours sont longs. J'ai été heureux de votre lettre. Je me demandais si vous étiez fâché. Quand je vous ai écrit, j'étais dans le désarroi et bien trop sensible pour trouver les mots justes. Mais je vous retrouve (...)"
Sa rédaction suit de près la parution de  La Mort de Socrate, ouvrage de Brice Parain édité en 1950, dont Camus encourage la suite : " ... Écrivez la suite de Socrate. (vous êtes content de l'accueil, n'est-ce pas ?). Tant pis pour la dérision. Il faut céder à ce qui monte. On ne peut pas, toujours, se clore la bouche. Affectueusement à Natacha et à vous, A. Camus...". 
Les deux hommes s'étaient liés d'amitié chez Gallimard : Camus admirait en Brice Parain le philosophe du langage et le spécialiste de la littérature russe - il avait pour épouse Natalia Tchelpanova, originaire de Kiev. Elle deviendra l'une des principales illustratrices de la collection du Père Castor. 
Parain possédait une immense connaissance de l'URSS, dont peu d'intellectuels de gauche, pourtant fascinés par la Russie à l'époque, pouvaient se prévaloir, et Camus, alors directeur de collection chez Gallimard, sollicita son concours et ses conseils à plusieurs reprises, notamment après la publication de l'Essai sur le logos platonicien et les Recherches sur la nature et les fonctions du langage, volumes issus des thèses que Parain avait soutenues en Sorbonne en 1939. Camus souligna l'originalité des volumes et signala à Jean Grenier l'importance de ces parutions :  « C'est remarquable, n'est-ce pas ?" (in Lettre à Grenier du 25 juillet 1942). Ce fut Brice Parain qui lui fit découvrir Simone Weil, que Camus fit publier dans sa collection "Espoir". Et au cours de la polémique qui l'opposa à Sartre, il fut l'un des rares à lui manifester publiquement sa sympathie. Enfin Parain abritera Camus en 1944, pendant tout le mois de juillet, à Verdelot, près de Coulommiers, lorsque l'écrivain, membre du réseau de Résistance Combat, craindra pour sa sécurité et préférera quitter provisoirement Paris. 
De la bibliothèque Fred Fensilber (Sotheby's, 2006, n° 381)
28594

René  CHAR. Naissance et jour levant d'une amitié 
Genève, Edwin Engelberts, (mai) 1965. 1 vol. (725 x 165 mm) en accordéon et 5 f. dépliants sous couverture trois rabats papier vergé, un tirage argentique par Henriette Grindat contrecollé.
2 500 €
Édition originale. 
Tirage unique à 100 + XX exemplaires (n° 21).
Ils contiennent, en fin, une photographie originale d'Henriette Grindat : un portrait de Camus, prise dans le Vaucluse en 1952.
Exemplaire offert par René Char au couple Corti, avec cet envoi signé : 
« Exemplaire de Madame Corti et de José Corti. R.C. ».
La Postérité du soleil est née de l'amitié qui lia après la Libération Albert Camus et René Char. La correspondance des deux écrivains fait plusieurs fois allusion à ce projet de «livre sur le Vaucluse» qui serait la trace fidèle de leur fraternité. Mais le livre ne put paraître du vivant de Camus, bien que le manuscrit en fût prêt au début des années 1950, après que Char y eut apporté son « luttant et respirant » poème d'ouverture. René Char commente ainsi la genèse de ce livre : « La Postérité du soleil naquit de la rencontre d'une jeune photographe, Henriette Grindat, du plaisir que Camus prenait de plus en plus à parcourir ce pays, et de mon désir [...] d'obtenir des images, des portraits, des paysages du Vaucluse qui différeraient des photographies cartes postales [...] » En 1952, trente photos sont choisies et illustrées par Camus à travers des poèmes en prose. Marqué par la poésie de Char qu'il admire profondément, il utilise l'aphorisme et cultive le tutoiement dans une forme parfois impérative : « Le matin est radieux ; la lumière pique. Renonce à ta visite. Ils peuvent attendre, et non ta joie. » Le projet, maintes fois repoussé, fut arrêté à la disparition soudaine de Camus, en janvier 1960. 
Mais quelques mois après la mort d'Albert Camus, Gaston Gallimard demanda à Roger Quilliot d'établir la première édition des oeuvres de l'écrivain dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Auteur d'un essai sur Albert Camus en 1956 - La Mer et les Prisons -, Roger Quilliot était resté très proche de Camus ; il avait toute légitimité pour mener à bien ce travail. On lui associa néanmoins un « quarteron de conseillers », composé de Jean Grenier, Jean-Claude Brisville, Roger Grenier et René Char, lequel fut naturellement pressenti pour écrire la préface du premier tome. Mais, en raison de l'amitié étroite qui le liait à Camus, le poète y renonça : "[...] Je vous exprime mon regret et mes excuses. Pour être en repos avec moi-même, je dois ajouter que l'affection fraternelle que j'éprouvais pour Camus fait encore écran à mes possibilités de libre jugement touchant son oeuvre grand'ouverte [...] Je suis trop sensible à cette dernière pour cependant présenter l'oeuvre de Camus sous ce jour [...]". Mais c'est l'occasion pour Char de mettre en parole la douleur de la perte de son ami, et de relancer, en son souvenir, la publication de La Postérité du soleil. Il décide d'y ajouter ce texte lumineux, qui fut d'abord un enregistrement effectué en janvier 1965 par Edwin Engelberts, à Genève, avant d'être dactylographié puis corrigé par René Char. Ce livret fut alors composé, en mai, cinq mois avant la composition du livre, enrichi d'un portait de Camus par Henriette Gindrat. Char et l'éditeur s'attelèrent ensuite à la composition du volume, dont le tirage fut limité à 120 exemplaires - autant que ce tiré à part. Il sortir conjointement en souscription chez Engelberts avec une parution - pour le texte seul -  dans le Nouvel observateur de Jean Daniel, en décembre. 
Rare. 
28535

NOBEL 1960
SAINT-JOHN PERSE. Chronique 
Marseille, Cahiers du Sud, (23 octobre) 19591 vol. (145 x 225 mm) de 58 p. et [3] f. Broché.
600 €
Édition originale. 
Tirage unique à 100 exemplaires hors commerce, numérotés sur pur fil (n° 53), signé. 
Envoi signé
 : « Pour Antonio Aita dont la pensée argentine a toujours rejoint la pensée française dans un même sens de l'universel. St John Perse, Washington, 1960 ».
Cette édition originale est constituée par le tiré à part du numéro 352 des Cahiers du Sud ; le volume connaîtra sa première édition publique aux éditions Gallimard en 1960, l'année où Saint-John Perse reçoit le prix Nobel de littérature.
Essayiste, écrivain, historien des lettres et secrétaire du PEN club argentin pendant de nombreuses années, Antonio Aita, francophone, reçut en 1936 le prix Vermeil de l'Académie française ; il sera en relation avec Paul Valery, Francis de Miomande, Valery Larbaud ou encore Jean Giraudoux et sera un proche de Borgès. Aita avait la connaissance du poète français à Buenos Aires et la correspondance entre les deux hommes, qui s'étend de 1951 à 1961, est conservée à la fondation Saint John Perse.
Insolation sur la première de couverture et au dos.
28278


NOBEL 1964
Jean-Paul SARTRE. Les Mots 
Paris, Gallimard, (30 décembre) 19631 vol. (125 x 195 mm) de 213 p. et [1] f. Broché
vendu
Édition originale. 
Un des 120 exemplaires sur vélin pur fil (n° 116). 
Écrire fut longtemps pour Sartre donner sens, « arracher ma vie, comme il disait, au hasard. » Revenu de cette gageure, l’auteur quinquagénaire des Mots dresse un bilan définitif de ses illusions passées : « depuis à peu près dix ans je suis un homme qui s éveille, guéri d’une longue, amère et douce folie et qui n en revient pas et qui ne peut se rappeler sans rire ses anciens errements et qui ne sait plus que faire de sa vie. » 
28335

NOBEL 1985
Claude SIMON. La Route des Flandres 
Paris, Éditions de Minuit, (15 septembre) 1960. 1 vol. (140 x 195 mm) de 314 p., [1], 2 et prière d’insérer. Broché, non coupé, chemise et étui (Buisson).
2 000 €
Édition originale. 
Un des 87 premiers exemplaires sur pur fil (n° 27).
Envoi signé
: « pour Hubert Gros très cordialement. Claude Simon ».
Hubert Gros est cité dans le volume Claude Simon, une vie à écrire, lorsque sont évoqués les lettres qu'il a reçues, auxquelles il répondait toujours. Celle d'Hubert Gros, « ancien officier de l'armée française, combattant de la guerre d'Algérie » est citée, « émerveillé qu'il fut par la Route des Flandres [...] ma lecture de l'Acacia a également été pour moi un nouveau saisissement. La description de la campagne qui devient champ de mort, c'est l'image que je garde de la guerre fratricide d'Algérie » (lettre du 9 décembre 1993).
C'est après avoir rencontré Alain Robbe-Grillet en 1956 que l'auteur intègre le fameux cercle des écrivains du Nouveau Roman. La Route des Flandres consacrera Claude Simon à l'âge de quarante-sept ans et le Nobel de Littérature couronnera son oeuvre un quart de siècle plus tard. 
Ce roman restitue son expérience de la guerre 1939-1945 avec, en filigrane, le souvenir de son père, officier de l'armée coloniale française tombé à Verdun, dès les premiers combats en 1914. On pourrait dire que le livre est construit comme le portrait d'une mémoire, « avec ses circonvolutions, ses associations, ses retours sur elle-même » explique-t-il. Ce parallélisme de construction, semblable à « un trajet fait de boucles qui dessinent un trèfle » caractérise ses oeuvres.
28096

NOBEL 2008
J.-M.-G. LE CLÉZIO. Le procès-verbal
Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1963. 1 vol. (120 x 188 mm). Broché. 
2 000 €
Édition originale.
Exemplaire du service de presse. 
Envoi signé
: « À Max Pol-Fouchet, ce déférant mais sincère témoignage d'admiration, l'auteur... » 
Très bel exemplaire, non coupé, complet de son prière d'insérer. 
Le premier roman de J.-M.-G. Le Clezio, prix Renaudot 1963.
Ce roman construit comme un puzzle raconte « l'histoire d'un homme qui ne savait trop s'il sortait de l'armée ou de l'asile psychiatrique » et est, selon son auteur - alors âgé de vingt-trois ans - une oeuvre d'adolescent. En répondant au journaliste du Point, Jacques-Pierre Amette, le romancier expliquait  le contexte de sa rédaction : "C'était une drôle d'époque. J'ai commencé à écrire ce livre alors que la guerre d'Algérie n'était pas finie, et que planait sur les garçons la menace d'être envoyés dans le contingent. Un de mes camarades, un garçon très artiste, très rebelle, nommé Vincent, du fait de ses mauvaises notes est parti à la fin de l'année 1960, et il a été aussitôt tué dans une embuscade. Un autre convoyait des fonds pour le F.L.N. Un autre était revenu en permission, le cerveau lessivé, ne parlant que de bazookas et de « bidons spéciaux » (comme on nommait pudiquement le napalm). (...) Alors j'écrivais « Le Procès-verbal » par bribes, dans le fond d'un café, en y mêlant des morceaux de conversation entendus, des images, des découpes de journal. Au jour le jour. Le roman a été fini après les accords d'Evian, quand j'ai compris que la menace s'arrêtait, que nous allions vivre. Il est resté un peu plus d'un an à l'état de manuscrit...». 
Tel que paru. Rare ainsi. 
28704


NOBEL 2014
Patrick MODIANO. Villa triste
Paris, Gallimard, (12 août) 19751 vol. (140 x 205 mm) 181 p. et [3] f. Maroquin marine, dos lisse, titre doré, date en pied, tranches dorées sur témoins, doublures et gardes de chèvre velours vertes, couvertures et dos conservés, étui bordé (Loutrel-Delaporte).
vendu
Édition originale dont il n'a pas été tiré de grands papiers.
Exemplaire poinçonné du service de presse. 
Envoi signé
: « Pour Claude Bonnefoy, en hommage Modiano ».
28526

NOBEL 2022
Annie ERNAUX. La Place 
Paris, Gallimard, (19 décembre) 19831 vol. (120 x 188 mm) de 114 p. et (3) p. Broché.
vendu
Édition originale - premier tirage.
Il n'a pas été tiré de grands papiers. 
Exemplaire de Julien Gracq
Troisième roman de l'auteur, La Place marque la véritable entrée d'Annie Ernaux en littérature. Elle signe dans ce livre l'acmé d'une célébration de l'intime et d'un moi qui a définitivement pris le pas sur le groupe, fut-il familial ou politique : « C'est avec La place que j'ai pris toute la mesure du caractère politique de l'écriture [...] moi, narratrice, venue du monde dominé, mais appartenant désormais au monde dominant, je me proposais d'écrire sur mon père et la culture du monde dominé. [...] Le grand danger [...] c'était [...] de me situer du côté de ceux qui considèrent ce monde comme étranger, exotique, le monde « d'en bas » (comme le qualifient sans vergogne les hommes politiques de la droite au pouvoir actuellement). De trahir deux fois ma classe d'origine : la première qui n'était pas vraiment de ma responsabilité, par l'accumulation scolaire, et la seconde, consciemment en me situant dans et par l'écriture du côté dominant ».
Ce tout premier tirage de décembre est d'une grande difficulté à trouver. 
L'ouvrage sera couronné du prix Renaudot en novembre 1984, près d'un an après sa parution. Une performance rare. 
Bel exemplaire de belle provenance : exemplaire de lecture de Julien Gracq (provenance vente Nantes, 2008, avec tampon de la provenance en tête, fin et p. 44). 
21599

Annie ERNAUX. Le Jeune Homme 
Paris, Gallimard, (avril) 2022. 1 vol. (125 x 200 mm) de 37 p., [1], 3 et [1] f. Broché, non coupé.
600 €
Édition originale.
Un des 70 premiers exemplaires sur vélin Rivoli (n° 12).

Parfait état. 
28483


PHOTOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS COMPLÉMENTAIRES SUR DEMANDE.
LES OUVRAGES QUI FIGURENT SUR CETTE LIVRAISON SONT À LA DESTINATION DES MEMBRES DES "BONNES FEUILLES" DE LA LIBRAIRIE WALDEN.


© librairie Walden, 2022. DR.