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1 - Marcel PROUST. A l'ombre des jeunes filles en fleur
Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, 1918-1927. 1 vol. (165 x 215 mm) de 443 p. et [5] p. Broché, étui-chemise de demi-maroquin grain long noir (Loutrel).
10 000 €
Édition originale.
Un des 128 premiers exemplaires réimposés au format in-quarto, imprimé sur vergé Lafuma Navarre (n° 88) - seul grand papier.

Gaston Gallimard est depuis 1916, et officiellement, le nouvel éditeur de Marcel Proust. Dès octobre 1917, il souhaite faire imprimer les volumes à venir de A la recherche du temps perdu, en profitant pour racheter à Bernard Grasset les quelques six cents exemplaires qui subsistent du stock Grasset de la rue des Saint-Pères. Ces exemplaires de du Côté de chez Swann seront remise en vente sous une recouvrure des Éditions de la la NRF à l'hiver 1917. Une nouvelle imposition "maison", avec quelques amendements rendus nécessaires par les développements ultérieurs de l'oeuvre, est prête dès ce moment. Mais la NRF attendra la sortie du volume suivant, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, pour la donner à tirerC'est le tome II qui sera donc imprimé le premier, en novembre 1918, suivi de Swann, en juin 1919.
Les 64 exemplaires alors prévus ne seront jamais tirés : c'est la naissance des fameux réimposés en souscription qui prend forme, à l'hiver 1918, et 128 exemplaires qui seront imprimés en grand papier pour le futur Prix Goncourt - le premier des éditions Gallimard. 

Un nombre important d'exemplaires sont "bloqués" dans les séries réimposées et un tel exemplaire broché, seul, devient très difficile à trouver.
Exemplaire superbe. Mythique et rare ainsi !

2 - James-Olivier CURWOOD. Nomades du nord 
Paris, Editions G. Crès et Cie, (5 octobre) 1925. 1 vol. (130 x 185 mm) de 1, [2] ff., 233 pp. et [2] ff. Broché, non coupé.
400 €
Édition originale de la traduction française, par Louis Postif.
Un des 40 premiers exemplaires sur vélin
, celui-ci parmi les 10 de tête hors commerce, nominatifs. Le volume est spécialement imprimé pour M. Paul Gruyer , avec envoi signé du traducteur au même : de Postif à Gruyer, soit les deux principaux traducteurs de l'oeuvre de Curwood en français. Les deux hommes sont également les traducteurs attitrés des œuvres de Jack London. Loin de la vision pessimiste que ce dernier offre du Grand Nord, Curwood y voit une source de vie, de laquelle l'homme tire une puissance physique et morale qui en fait un être à part. Son primitivisme se traduit par des évocations lyriques de la nature sauvage, où le « détail vrai » le dispute à une volonté d'élever l'espace à une dimension mythique : une pensée proche de celles des écrivains Henry David Thoreau et Walt Whitman. Pendant sa carrière d'écrivain, il publie une bonne trentaine d'ouvrages qui rencontrent un très grand succès, notamment en France. Plusieurs de ses romans d'aventures ont fait l'objet de nombreuses adaptations pour le cinéma - jusqu'au très célèbre Grizzly, adapté par Jean-Jacques Annaud (L'Ours).
Très belle provenance ; exemplaire à toutes marges, infimes piqûres aux ff. liminaires. 

3 - Paul MORAND. USA 1927
Paris, Plaisir du bibliophile, (20 janvier) 1928. 1 vol. (166 x 126 mm) de 139 p. Broché.
 750 €
Édition originale.
Tirage unique à 650 exemplaires sur papier vélin (n° XXVIII). 

18 compositions Art-déco tirées en brun et en bistre : elle sont l'oeuvre de Pierre Legrain, illustrant les "compositions lyriques" de Morand. 
Ce sera son seul travail d'illustrateur. 

4 - James-Oliver CURWOOD. La Piste dangereuse 
Paris, Editions G. Crès et Cie, (12 juin) 1929. 1 vol. (130 x 185 mm) de 1, [2] ff., 263 p. et [2] f. Broché, non coupé.
500 €
Édition originale de la traduction française, par V. Forbin.
Un des 40 premiers exemplaires sur vélin (n° 9).

Une première version du roman, sous le titre de Melissa, avait paru dès 1912 : il s'agissait de la toute première publication d'un texte de Curwood en français. 

5 - André MALRAUX. La Condition humaine
Paris, Gallimard, (5 mai) 1933. 1 vol. (115 x 186 mm) de 402 pp. Broché, étui-chemise de demi-maroquin noir à bandes, plats de papier kromekote, dos lisse, titre et date dorés, doublures de cuir retourné chamois, étui bordé.
5 000 €
Édition originale.
Un des 309 exemplaires sur pur fil (n° 215). 

Malraux s'inspire ici des événements tragiques du printemps 1927 où les cellules communistes de Shanghai furent disséminées sur les ordres du général Tchang Kaï-chek, chef du Kouo-min-tang, le parti démocrate. Lorsque commence le roman, les militants du Parti communiste chinois sont au bord de déclencher une insurrection. A leur tête, « Kyo », figure emblématique du héros tel que le voulait l'auteur. « J'ai cherché, dira-t-il, des images de la grandeur humaine, je les ai trouvées dans les rangs des communistes chinois, écrasés, assassinés, jetés vivants dans les chaudières... ». Cependant, la trame historique de ce livre n'est qu'un prétexte à son sujet profond, révélé par son titre même. Ce qui n'est finalement qu'une longue méditation sur l'Homme a été, comme l'écrira Jean Guéhenno, mis en scène par le romancier : « On se plaint que l'auteur ait dû aller chercher jusqu'en Chine les moyens de définir notre condition. C'est cela même au contraire qui, à mon sens, fait de ce livre un livre exemplaire. » Il explique alors combien son exotisme fait que « tous nos désordres, toutes nos grandeurs nous y apparaissent transportées au-delà du monde, éloignées de nous comme pour un spectacle. » (in Europe, déc. 1933).
Très bel exemplaire.

6 - André MALRAUX. La Condition humaine
Paris, Gallimard, (5 mai) 1933. 1 vol. (115 x 186 mm) de 402 pp. Broché, étui-chemise.
1 900 €
Édition originale.
Exemplaire imprimé du service de presse. 
Envoi signé :
" à Pierre de Massot, sympathiquement, André Malraux ".
On joint plusieurs coupures de presse de l'époque, avant et après le Goncourt, dont des critiques signées de Joseph Kessel ou encore Paul Morand. 

Bel exemplaire malgré un dos légèrement passé. 

7 - Marcel AYME. La Jument verte
Paris, Gallimard, (15 juin) 1933. 1 vol. (120 x 190 mm) de 303 p. Broché.
750  €
Édition originale. 
Un des 147 premiers exemplaires sur vélin pur fil
(seul grand papier, n° 129).
La Jument verte est une étude morale des comportements des habitants d'un petit village français du XIXe siècle, Claquebue, juste après la Guerre franco-allemande. C'est le village où Marcel Aymé a passé son enfance, Villers-Robert, dans le Jura, qui a servi de modèle pour les lieux. L'aire de repos sur l'A39, toute proche, a d'ailleurs été appelée l'« aire de la Jument verte ». Publiée en juin 1933, La Jument verte reçut de bonnes critiques dès le début de juillet et la presse en parlait encore à la fin de l'année. L'une des phrases de l'article de Ramon Fernandez, publié par Marianne, servit même de texte publicitaire à parution. Il est joint à l'exemplaire trois feuillets extraits de la NRF, qui reprend l'essentiel de ces (très) bonnes critiques. Le film est adapté en 1959 par Claude Autant-Lara ; à sa sortie, il fait un tel scandale que l'évêque de Tulle obtient son interdiction en Corrèze et qu'il est interdit aux moins de 21 ans à Tours ; ailleurs, les projections se faisaient lumières de salle allumées ! Et les censure, pourtant, avait déjà fait supprimer plusieurs passages du film, qui reste encore inédit aujourd'hui dans sa version intégrale.
Excellent état. 

8 -  Jean-Paul SARTRE. Le Mur
Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, (26 janvier) 1939. 1 vol. (120 x 190 mm) de 224 p. Broché, étui-chemise.
1 200 €
Édition originale. 
Exemplaire du service de presse.

Envoi signé : " à Mademoiselle Daumer, en hommage de Jean-Paul Sartre ". 
L'un des livres majeurs de Sartre, constitué de cinq nouvelles dont les plus célèbres sont sans doute « L'enfance d'un chef » et « Le Mur », réaction affective et spontanée à la guerre d'Espagne. Elles paraissent en juillet 1937 dans La Nouvelle Revue française et introduisent Sartre dans la maison Gallimard. Sans doute Paulhan a-t-il vu que l'actualité faisait de ce texte « un excellent produit d'appel », d'autant que La NRF avait jusqu'alors peu publié sur la guerre d'Espagne (L'Espoir de Malraux ne paraîtra qu'en décembre de cette même année). Le recueil suscite aussitôt l'admiration de Gide, et se voit attribuer le Prix du roman populiste en 1939, après une nomination au Goncourt. 
Légère insolation au dos, sinon bon exemplaire.

9 - Julien GRACQ. Au château d'Argol  
Paris, José Corti, 1945. 1 vol. (115 x 185) de 182 p. Broché.
1 000 €
Deuxième édition. 
Un des 50 premiers exemplaires sur vergé Bulky
(n° XXIV, justifié et signé par José Corti) - seul grand papier. 
Septembre 1938. Julien Gracq passe à la librairie José Corti, rue de Médicis, pour acheter des livres. En voyant Retour de Guyane de Léon Damas sur une table, il comprend qu'il se trouve chez un libraire-éditeur et lui soumet donc son premier manuscrit, Au Château d'Argol, que Gallimard vient juste de refuser (dans sa note de lecture, Benjamin Crémieux compare le style de Gracq, pour motiver le refus, à celui de Charles du Bos). Corti accepte de le publier, moyennant une participation aux frais. Le livre sort en décembre 1938, tiré à 1 200 exemplaires. Fin 1939, 130 exemplaires seulement auront été vendus. Le livre ne sera réimprimé, avec les plombs de 1938, qu'en 1945 - avec 50 exemplaires sur beau papier. 
Sera alors corrigée la légère erreur de composition qui fait que dans les exemplaires de l'édition originale, on a dû rajouter un feuillet blanc pour éviter que le livre ne s'achève par une page imprimée, avec l'achevé d'imprimer en bas de la page 184. 

Très bel exemplaire.

10 - Arthur KOESTLER. Le Zéro et l'Infini
Paris, Calmann-Levy, 1945. 1 vol. (120 x 190 mm) de 294 pp.; [1] et 1 f. Broché.
VENDU
Édition originale
Un des 200 premiers exemplaires sur vélin Marais (n° 4), seul papier.
Ecrit de 1938 à 1940, paru en France dès 1945, Le Zéro et l'Infini est un des grands classiques du XXe siècle, ainsi qu'un best-seller mondial. Inspiré des grands procès de Moscou, le roman imagine l'itinéraire d'un responsable communiste, Roubachof, jeté en prison et jugé après avoir été lui-même un épurateur. A travers ce thème, l'écrivain nous convie à un véritable procès des dictatures et du système totalitaire pour lesquels l'homme n'est rien, un zéro en regard de la collectivité, alors que l'humanisme voit en lui, au contraire, un infini. Le Zéro et l'Infini est de ces oeuvres dont le temps n'abolit pas la portée.
Neuf, non coupé. 

11 - [Alexandre DUMAS]. Jean-Paul SARTRE. Kean
Paris, Gallimard, (15 février) 1954. 1 vol. (120 x 190 mm) de 305 pp. et [3] ff. Broché, non coupé.
500 €
Édition originale de l'adaptation de Jean-Paul Sartre. 
Un des 56 premiers exemplaires sur hollande
(exemplaire hors commerce, justifié "H.C."). 
Très bon état, un léger pli à la couverture. 

12 - Claude SIMON. La Route des Flandres
Paris, Éditions de Minuit, (15 septembre) 1960
1 vol. (140 x 195 mm) de 314 p., [1], 2 et prière d'insérer. Broché, non coupé, chemise et étui (Buisson).
3 000 €
Édition originale. 
Un des 87 premiers exemplaires sur pur fil (n° 27).
Envoi signé
: « pour Hubert Gros très cordialement. Claude Simon ».
Hubert Gros est cité dans le volume Claude Simon, une vie à écrire, lorsque sont évoqués les lettres qu'il a reçues, auxquelles il répondait toujours. Celle d'Hubert Gros, « ancien officier de l'armée française, combattant de la guerre d'Algérie » est citée, « émerveillé qu'il fut par la Route des Flandres [...] ma lecture de l'Acacia a également été pour moi un nouveau saisissement. La description de la campagne qui devient champ de mort, c'est l'image que je garde de la guerre fratricide d'Algérie » (lettre du 9 décembre 1993). 
Ce roman restitue son expérience de la guerre 1939-1945 avec, en filigrane, le souvenir de son père, officier de l'armée coloniale française tombé à Verdun, dès les premiers combats en 1914. Simon n'y raconte pas la guerre tout entière, mais évoque les sensations dramatiques ou grotesques qui laissent les images mentales composer un jardin de mémoire chaotique et douloureux. Les événements sont présentés de façon à rendre la reconstitution laborieuse, au travers d'une multitude de voix narratives et de lieux : l'histoire est tout d'abord vécue, brute, puis recomposée ; la construction de l'histoire par le lecteur se fait en même temps que celle qui se fait dans l'esprit du personnage principal, la première n'étant pas imaginable sans la seconde : « J'ai essayé de donner une image de l'imbrication des souvenirs les uns dans les autres. On pourrait dire que le livre est construit comme le portrait d'une mémoire, avec ses circonvolutions, ses associations, ses retours sur elle-même » explique-t-il. Ce parallélisme de construction, semblable à « un trajet fait de boucles qui dessinent un trèfle » caractérise ses oeuvres.
Habile restauration en marge inférieure du premier plat de couverture.

13 - Jean-Paul SARTRE. Les Mots 
Paris, Gallimard, (30 décembre) 1963. 1 vol. (125 x 195 mm) de 213 p. et [1] f. Broché.
900 €
Édition originale. 
Un des 120 exemplaires sur vélin pur fil
(n° 116). 
Ce récit autobiographique qui, sous prétexte de raconter le parcours d un homme de lettres, met à bas la littérature, renvoie tous les songes-creux à leur méprise : prendre leurs désenchantements pour la vérité.
Très bel exemplaire, non rogné, avec sa rare bande à parution.

14 - Jack KEROUAC. Le Vagabond solitaire
Paris, Gallimard, (10 juin) 1969. 1 vol. (155 x 225 mm) de 252 et 2 p. Broché, non coupé.
3 000 €
Édition originale de la traduction française, par Jean Autrey.
Un des 26 premiers exemplaires sur pur fil
(n° 8).
L'ascension de Matterhorn, montagne culminant à 4.000 m. dans la Sierra Nevada, restera comme le morceau de bravoure des Clochards célestes. Bouleversé par cette expérience, Kerouac obtient l'année suivante, par l'un de ses amis bouddhistes, Philip Whalen, un poste de  "surveillant d'incendies" dans un parc national de l'Etat de Washington, où il vivra coupé du monde au sommet du Desolation Peak. Cette solitude mise en mot par Kerouac, sous le titre Seul au sommet d'une montagne, pour être intégrer au Vagabond solitaire, recueil de huit nouvelles formant roman à vocation initiatique sur le thème de l'errance. On y trouvera également le fameux Grand voyage en Europe, qui commence sur un cargo effectuant la traversée de l'Atlantique et qui le mena à Tanger où il côtoie William Burroughs, qui y rédige le Festin nu ; Kerouac y raconte également sa traversée vers la France et la découverte de Paris, « la plus belle ville du monde », puis de l'Angleterre.
Le plus petit tirage d'un titre de Kerouac. Parfait état ; non coupé.

14 BIS - Paul MORAND. Discours de réception de Paul Morand à l'Académie française et réponse de Jacques Chastenet 
Paris, Gallimard, (27 mai) 1969. 1 vol. (125 x 195 mm) de 79 pp. Broché, non coupé.
1 200 €
Édition originale.
Un des 16 premiers exemplaires sur vélin de hollande.

15 - Pierre SCHOENDOERFFER. L'Adieu au Roi
Paris, Bernard Grasset, (20 août) 1969. 1 vol. (135 x 215 mm) de 299 et 3 p. Broché.
VENDU
Édition originale. 
Un des 36 premiers exemplaires sur alfa
- celui un des 14 hors commerce (n° XIII).
Prix Interallié 1969, L'Adieu au roi est un formidable roman d'aventures prenant place dans la jungle de Bornéo. Schoendoerffer n'a guère de rival pour peindre, des arbres géants et étouffants ou mousses humides, toute la flore hallucinante de l'île. Si l'on pense au Coeur des ténèbres de Joseph Conrad ou à L'Homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling, on comprend pourquoi John Milius a tiré du roman un excellent film, qui rendra bien hommage à la magie et aux mythes, omniprésents dans le roman, célébrés par les indigènes Muruts, bercés par un flot mythique d'une grande cohérence et parfaitement dépeint par Schoendoerffer.
Neuf, non coupé, neuf. Rare.
16 - Erich SEGAL. Love Story
Paris, Flammarion, (30 juillet) 1970. 
1 vol. (125 x 198 mm) de 203 p., broché. Non coupé.
RÉSERVÉ
Edition originale de la traduction française.
Un des 15 premiers exemplaires sur vélin de Lana
(n° 10).
Tourné en 1970, Love Story fut réalisé par Arthur Hiller : l'histoire d'un jeune couple dans les années 60 dont la santé de la femme va se dégradant. Le film a été sans doute le plus grand succès de l'année 1971. La mise en scène a été écrite par Erich Segal ; il l'adaptera son scénario pour écrire un roman qui fut un best-seller avant la sortie du film lui-même. Une suite fut tournée en 1978 (Oliver's Story), inspirée, pour le personnage d'Oliver, de l'ex-vice-président-ex-néo-président Al Gore.
Neuf, non coupé, neuf. Rare.

17 - René FALLET. Le Braconnier de Dieu
Paris, Denoël, 1973. 1 vol. (150 x 210 mm) de 238 p. et [1] f. Broché.
VENDU
Édition originale. 
Un des 28 premiers exemplaires sur vélin pur fil Lafuma-Navarre (n° 7).
Envoi signé
: « Pour Maurice Alteirac, cette œuvre pie, avec les meilleurs souvenir de René Fallet ».
Feuillet d'annonce de la librairie Flammarion (invitation à la séance de signature du 15 mars 1976) conservé.

18 - René FALLET. Y a-t-il un docteur dans la salle ?
Paris, Éditions Denoël, (20 janvier) 1977. 1 vol. (150 x 215) de 361 p. et [3] f. Broché.
VENDU
Édition originale.
Un des 20 premiers exemplaires sur vergé d'Arches (n° 5) - seul grand papier.
Envoi signé
: " Pour Arlette Alteirac, ce voyage lamentable autour de la médecine sentimentalo-générale, avec les amitiés intra-veineuses et vaso-dilatatrices de René Fallet ". 

19 - Albert CAMUS. Journaux de voyage
Texte établi, présenté et annoté par Roger Quillot 
Paris, Gallimard, (16 février) 1978. 1 vol. (140 x 215) de 147 p. et [2] f. Broché.
VENDU - un autre exemplaire, relié, est disponible. 
Édition originale.
Un des 36 premiers exemplaires sur vergé de hollande (n° 9).

Sont ici réunis deux ‘cahiers', témoins des deux voyages qu'Albert Camus fit, l'un aux États-Unis (mars-mai 1946), l'autre en Amérique du Sud (juin-août 1949). Ils sont présentés Roger Quilliot qui en souligne l'importance et l'intérêt commun : « [...] ils nous montrent comment Camus passait des notations brutes à l'oeuvre élaborée. Quelques passages du Voyage aux U.S.A. se retrouvent dans Pluies de New York ; d'importants fragments du Voyage en Amérique du Sud ont été repris soit dans La Mer au plus près [L'Été], soit plus largement encore dans La Pierre qui pousse : deux scènes de danse, réellement vues, sont condensées dans un des rares textes exotiques que Camus ait rédigés ; le voyage à Iguape et l'épisode de la pierre qui pousse, enregistrés comme du simple folklore, prennent, dans la nouvelle, valeur de symbole ». Quilliot note encore comment le jeune Camus avait parcouru l'Europe et comment, « en pleine notoriété, après 1948, [il] fuira les voyages qui peuplent généralement l'existence de ses pairs. »
Neuf, non coupé. 

20 - Marguerite YOURCENAR. Discours de réception de Madame Marguerite Yourcenar à l'Académie française et réponse de Monsieur Jean d'Ormesson
Paris, Gallimard, (18 février) 1981. 1 vol. (120 x 195 mm) de 86 et [1] pp. Broché.
1400 €
Édition originale. 
Un des 56 premiers exemplaires
sur vergé de Hollande (n° 56)
Neuf, non coupé.

21 - Marguerite DURAS. L'Amant
Paris, Gallimard, (16 juillet) 1984. 1 vol. de (140 x 190 mm) de 142 pp. et 3 ff. Broché.
3 800  €
Édition originale. 
Un des 99 premiers exemplaires sur vélin d'Arches
(n° 42).
Descendre le grand fleuve puissant et lent du Mékong, suivre les méandres de son delta dans la moiteur des rizières, tels sont les périples de Duras encore enfant, voyages qui sont ici autant de décors au roman. En écrivant ce livre, elle remontait à ses sources, à sa jeunesse asiatique, à une histoire dont elle refusera toujours de départager la vérité de la fiction : vers 1930, sur un bac traversant un bras du fleuve, un Chinois richissime aborde une petite Blanche. Conseiller, comme il arrive à certains, de lire L'Amant à haute voix est le meilleur que l'on puisse faire. La voix-off du film de Jean-Jacques Annaud, ne fait d'ailleurs pas autre chose. On entre ainsi plus avant dans le rythme intime de cette prose unique qui valut à Duras une renommée mondiale. « Dès les premières lignes du récit, écrit François Nourissier, éclatent l'art et le savoir-faire de Duras, ses libertés, ses défis, les conquêtes de trente années pour parvenir à écrire cette langue allégée, neutre, rapide et lancinante à la fois capable de saisir toutes les nuances, d'aller à la vitesse exacte de la pensée et des images. » Prix Goncourt 1984, au troisième tour de scrutin par six voix contre trois à L'Été 36 de Bertrand Poirot-Delpech et une voix à Le Diable en tête de Bernard-Henri Lévy. "Enfin", dira-t-elle, trente-quatre ans après l'échec d'Un barrage contre le pacifique.
Neuf, non coupé. 

22 - Pierre MICHON. Vies minuscules
Paris, Gallimard, (13 janvier) 1984
1 vol. (140 x 205 mm) de 206 pp., [3] et 1 ff. Broché. Bandeau à parution conservé.
4 000 €
Édition originale et premier tirage - pas de grands papiers.
Envoi signé
: " à Jacques De Decker, ces [VIES MINUSCULES] - Pierre Michon"
Si l'on voulait caractériser l'oeuvre de Pierre Michon, on retiendrait bien sûr son talent pour évoquer les « vies imaginaires », selon le titre de Marcel Schwob, qu'il présente « minuscules » ou magistrales, vies de peintres ou d'écrivains, vies de pauvres égarés du destin, qu'il esquisse en quelques traits frappants, désormais attachés à ceux qu'ils représentent. On parlerait aussi de son style, à nul autre pareil, qu'il entend lui même ronfler dans la forge de l'écriture et qu'il commente et critique à la fin des Vies minuscules : un certain penchant à l'archaïsme et le travail du style par l'évocation de personnes réelles devenues personnages dans ce que l'écrivain appelle ses « étés fictifs ». Pour le reste, inutile de se perdre en d'inutiles gloses. Juste suffit l'invitation à la lecture de ses oeuvres, en particulier ces Vies minuscules et le Rimbaud le fils. 
"C'est un livre qui a placé la barre extrêmement haut et je me demande si c'est bien (...) J'aurais dû mettre l'essentiel plus tard (...) La raison en moi dit : il aurait été que je fasse ce livre et que je meurt l'année suivante. L'effet James Dean. Ou plutôt l'effet Rimbaud. Je pense n'avoir jamais ensuite retrouvé cette nécessité que j'avais d'écrire ce livre (...) J'ai eu, pour ces gens dont je parle, un sentiment à la fois de pitié et de projection en eux. C'était des gens qui étaient liés à ce milieu rural extrêmement clos, qui ne pouvaient pas en sortir, et qui étaient dans la position où j'étais moi-même. Celui qui veut absolument partir, partir, partir d'ici. La salle, le feu, les petits vieux. Et j'ai écrit les Vies minuscules parce tout à coup une vague de pardon, de bénévolence pour toutes ces gens m'a envahi " (in 21 cm, entretien avec Augustin Trapénard). 
Très bel exemplaire - neuf - avec sa bande à parution. Rare ainsi. 

23 - Bernard-Marie KOLTÈS.Roberto Zucco, suivi de Tabataba
Paris, Éditions de Minuit, (13 septembre) 1990. 1 vol. (120 x 190 mm) de 122 p. Broché. 
500 €
Édition originale.
Un des 40 premiers exemplaires sur vergé des papeteries de Vizille (n° 3).

La pièce de Bernard-Marie Koltès est créée à la Schaubühne de Berlin en avril 1990, dans une mise en scène de Peter Stein : c'est l'ultime pièce de théâtre écrite par le dramaturge, mort en avril 1989, entre l'écriture de cette oeuvre en 1988, et sa création à Berlin. Koltès avait écrit cette pièce après être tombé en arrêt, dans le métro, devant un avis de recherche concernant un criminel concerné par plusieurs faits divers. 
La pièce pièce provoqua un scandale, parce qu'elle se fondait en partie sur des événements réels, tragiques, et encore récents - Succo s'étant suicidé dans sa cellule du pénitencier de Vicence, en Italie, en mai 1988, quelques mois après son dernier meurtre, celui d'un policier à Aix-les-Bains. Séropositif et malade du sida, Koltès savait que cette pièce serait sa dernière façon de s'exprimer au théâtre, en contant un cheminement tragique qui conduit à une mort acceptée et décidée. 

24 - Jean ROUAUD. Les Champs d'honneur
Paris, Éditions de Minuit, (13 juillet) 1990. 1 vol. (140 x 190 mm) de 158 p. et [1] f. Broché.
VENDU
Édition originale.
Un des 47 premiers exemplaires sur vergé de Vizille
(n° 18) - seul grand papier.
Prix Goncourt 1990 et, assurément, un des grands textes français de cette décennie, voire de cette fin de siècle, sur un sujet pourtant bein des fois abordé. Françoise Giroud, dès le mois d'août 1990, écrivait que « la rumeur court, flatteuse, et résonne dans le plus puissant circuit de publicité, le bouche à oreille ; quelque vingt mille lecteurs achètent, en un mois, Les Champs d'honneur, chiffre considérable pour le premier roman d'un inconnu... Voilà Jean Rouaud sur les ailes de la renommée. »  Les hommages seront quasi unanimes, du public comme des pairs. Le Prix Goncourt viendra récompenser, et changer la vie, du kiosquier de la rue de Flandre, son " balcon sur rue". 
Rare en grand papier. Parfait état.

25 - Michel DÉON. La Cour des grands
Paris, Gallimard, (4 juillet )1996. 1 vol. (145 x 220 mm) de 332 et 4 p., [2] f. Broché. 
VENDU
Édition originale.
Un des 70 premiers exemplaires sur vergé blanc de Hollande - seul grand papier (n° 68).
Envoi signé
: " Pour Maurice et Arlette Alteirac, en hommage particulier, cette [COUR DES GRANDS] où se jouent les jeux de l'amour et de l'ambition. Michel Déon, Paris, le 7 octobre 96 ".
Parfait état. 

26 - Patrick MODIANO. Dora Bruder
Paris, Gallimard, (10 avril) 1997. 1 vol. (140 x 210 mm) de 164 pp. Broché, dans un emboitage de Julie Nadot
VENDU
Édition originale. 
Un des 80 premiers exemplaires sur vélin pur chiffon (n° 42).
Envoi signé
: " Pour Arlette et Maurice Alteirac, avec toute mon amitié, Patrick Modiano ".
Fin 1988, Patrick Modiano lit dans le Paris-Soir du 31 décembre 1941 l'avis de recherche d'une jeune fille, Dora Bruder, «1,55 m, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris...». Ces lignes hantent l'auteur de La place de l'Etoile qui engage alors une enquête minutieuse, obsessionnelle. Il s'agit une nouvelle fois pour Modiano de faire face à l'oubli. « Comme beaucoup d'autres avant moi, je crois aux coïncidences et quelquefois à un don de voyance chez les romanciers - le mot "don" n'étant pas le terme exact, car il suggère une sorte de supériorité. Non, cela fait simplement partie du métier : les efforts d'imagination, nécessaires à ce métier, le besoin de fixer son esprit sur des points de détail - et cela de manière obsessionnelle pour ne pas perdre le fil et se laisser aller à la paresse -, toute cette tension, cette gymnastique cérébrale peut sans doute provoquer à la longue de brèves intuitions "concernant des événements passés ou futurs", comme l'écrit le dictionnaire Larousse à la rubrique Voyance ".  Depuis, l'inauguration d'un lieu à son nom est une façon de faire pièce aux souhaits des nazis, qui voulaient faire disparaître Dora Bruder et ses semblables, et effacer jusqu'à leurs noms. « Je crois que c'est la première fois qu'une adolescente qui était une anonyme est inscrite pour toujours dans la géographie parisienne », a noté Patrick Modiano.

Exemplaire parfait, neuf. Rare avec envoi sur grand papier. 

27 - Claude SIMON. Le Jardin des plantes
Paris, Éditions de Minuit, (23 juillet) 1997. 1 vol. (137 x 195 mm) de 377 pp. et 2 ff. Broché.
800  €
Édition originale. 
Un des 108 premiers exemplaires sur vélin (n° 36) - seul grand papier.
Envoi signé
: " Pour Arlette et Maurice Alteirac, bien cordialement, Claude Simon ".
Ici, il y a les descriptions du Jardin des Plantes mais aussi d'un autre jardin, celui de l'enfance de l'auteur où voisinaient des paons, des cygnes et de pauvres aigles encagées. Et parmi cette faune d'oiseaux, un souvenir : sa chute dans le bassin de ce jardin public et "l'image du tapis de feuilles mortes qui en recouvraient le fond, à demi pourries, d'une couleur marron, certaines déjà décomposées et noirâtres, d'une consistance gluante sous ses paumes tendues en avant pour protéger sa chute". Un souvenir d'enfant où toujours la sensation prend le pas sur tout le reste.