Paris, Bernard Grasset, (24 novembre) 1927
1 vol. (175 x 230 mm) de 306 pp. [1] et 1 ff. Broché, sous double couverture, chemise et étui éditeur. Non coupé.
Édition originale. 
Un des 14 exemplaires réimposés sur vergé Annam (n° 10).
Rationaliste prêchant une rigueur à la limite du scientisme, Benda ne perdait cependant pas de vue que tout excès en la matière risque de devenir stérilisant. Aujourd'hui comme hier, des écrivains et des philosophes se détournent des rigueurs de la raison et aussi de leur vocation propre, sous prétexte de faire oeuvre positive. Ce sont là ceux que visait déjà Julien Benda sous l'appellation de « clercs ». Il s'agit d'une espèce d'intellectuels « dont l'activité ne poursuit pas des fins pratiques, mais qui demande sa joie à l'exercice de l'art, de la science ou de la spéculation métaphysique, c'est-à-dire à la possession d'un bien intemporel « Le monde moderne, estimait déjà Julien Benda, a grand besoin de clercs, c'est-à-dire de penseurs « qui maintiennent l'idéal dans son absolu. »
À une époque où de nombreux intellectuels et artistes se tournaient vers la politique au nom du réalisme, Julien Benda leur reproche de se détourner des valeurs cléricales, c'est-à-dire la recherche du beau, du vrai, du juste, valeurs qui sont pour lui statiques, désintéressées et rationnelles. Cet ouvrage vise plus particulièrement les intellectuels qui prônent l'ordre, un état fort, le nationalisme, les traditions, ... la méditation, la connaissance désintéressée, l'amour du beau, toutes choses en somme qui le distinguent de l'homme de parti. À cette figure de l'intellectuel, J. Benda oppose ce qui, au moment où il écrit, est en passe de devenir l'une des figures les plus courantes de l'intelligentsia : l'intellectuel engagé dans un parti ou proche d'un parti. Il fustige ainsi chez les intellectuels français la «tendance à l'action, la soif du résultat immédiat, l'unique souci du but, le mépris de l'argument, l'outrance, la haine, l'idée fixe».
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