Paris, Pauvert, (30 septembre) 1957
1 vol. (120 x 185 mm) de 215 p. et [2] f. Broché, couverture illustrée, boîte signée de Julie Nadot.
Édition originale. 
Tirage unique à 3000 exemplaires numérotés (n° 332).
Envoi signé : « à Raymond [Queneau], bien amicalement, Georges ».
« Je le crois : seule l'épreuve suffocante, impossible, donne à l'auteur le moyen d'atteindre la vision lointaine attendue par un lecteur las des proches limites imposées par les conventions. » Avec Georges Bataille nous le croyons, mais aussi, comme tous ceux qui voient en lui l'une des pensées qui s'est le plus approchée du questionnement ultime, nous le remercions de nous avoir mené si loin. « Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l'auteur n'a pas été contraint ? » s'interroge-t-il, définissant ce qui devrait être le plus petit dénominateur commun de toute littérature, ainsi que le disait déjà Rainer-Maria Rilke. Ici, comme dans toute l'oeuvre romanesque de Bataille, c'est de l'affrontement d'Eros et de Thanatos qu'il s'agit vraiment, cet essentiel face-à-face : il génère un vide qui devient l'axe auquel ces forces contraires impriment son mouvement. 
La littérature de Bataille raconte souvent l'indicible, l'infâme, l'insupportable, l'obscène, bref l'impossible dans une société civilisée. Dans l'une de ses dédicaces l'auteur écrira justement de ce livre qu'il « répond à la tentation de l'impossible. » Enfin, lorsque l'on sait que le bleu du ciel a été écrit en 1935, on ne peut qu'être interloqué par l'aspect prémonitoire de certains passages. Décrivant une parade de Hitlerjugend, Bataille termine ainsi : « Je les voyais, non loin de moi, envoûtés par le désir d'aller à la mort. Hallucinés par des champs illimités où, un jour ils s'avanceraient, riant au soleil : ils laisseraient derrière eux les agonisants et les morts. »
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