Le Cabinet du roy de France,
dans lequel il y a trois perles précieuses d'inestimable valeur...

S.l., [Genève] : [Guillaume de Laimarie], 1582
1 vol. (125 x 192 mm), [8] ff., 647 pp., [5] ff., Maroquin rouge, initiales CR (pour Paul Couturier du Royas) dorées au centre des plats, dos à nerfs, roulette dorée int., tranches dorées (reliure moderne).
Édition originale rare.
Elle est dédiée à Henri III.
Ouvrage considéré comme l'un des grands textes polémiques du XVIe siècle, il est d'un grand intérêt pour l'histoire de France : l'auteur, huguenot, tente de démontrer au roi Henri III, que pour remédier au naufrage de son Royaume, il peut avoir recours "à trois perles magiques" : la Parole de Dieu, la vraie Noblesse et le Tiers-État. Il décide alors d'en montrer les véritables moeurs, dénonçant les biens du clergé et les vices de la noblesse, traite de la polygamie et de la prostitution et révèle plusieurs secrets relatifs au roi et à l'État.
L'ouvrage, loué par Agrippa d'Aubigné, fut attribué à Nicolas Barnaud (1539- entre 1604 et 1607) alchimiste et médecin protestant de Crest en Dauphiné, qui a beaucoup voyagé pour chercher la pierre philosophale. Il se convertit au calvinisme vers 1566, mais sa vie est très mal documentée, et il est au demeurant plus connu pour ses traductions de Socin et ses oeuvres hermétiques que pour ses pamphlets anti-papistes, à l'exception notable du Réveille-matin des François (1574). L'ouvrage a également retenu l'attention par le décompte précis que la première partie offre de la prétendue « prostitution monastique » : pour chaque ordre religieux, chaque archidiocèse, Barnaud prétend connaître le nombre de concubinaires, de « femmes putains sacerdotales », de bâtards de prêtres, et même de sodomites. Le tout se rattache à la grande tradition de la dénonciation, ancienne, des excès sexuels des clercs, reprise et amplifiée par la Réforme.
L'ouvrage fut supprimé par ordre de la cour.
Brunet indique quant à lui que l'ouvrage serait l'œuvre de Nicolas Froumenteau « parce que le préambule et la fin de l'épître dédicatoire de novembre 1581 sont conçus absolument de même que le Secret des Finances de France ». L'édition ne porte aucune adresse mais pourrait avoir été imprimée à La Rochelle dans un atelier typographique secret des réformés.
 Ex-libris de la bibliothèque Paul Couturier de Royas, un des plus grands bibliophiles du Dauphiné de la fin du XIXe s.-début du XXe s.
Dos passé.
Cioranescu, XVI, 3110 (prend la date de la dédicace - novembre 1581 - pour celle de l'édition) ; Brunet, I, 1441 - Haag, I, 250-259 - Adams, B-219 - GLN 15-16, n°2966 - Gay-Lemonnyer, I, 441 - Goldsmiths, n°213 - Kress, n°213 - INED, n° 226 ; Girard-Le Bouteiller, Basse-Normandie, t. 3, n° 224 ; Index aureliensis, n° 113.196 ; Peach, Cat. Poitiers, n° 773 ; Peach, Cat. Versailles, n° 756.
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