Paris, Revue de Paris, (10, 17 et 31 avril) 1833
1 vol. (165 x 245 mm) de 352 p., puis 34 p. et 1 f. de table. Demi-vélin, dos lisse, titre manuscrit en long à l'encre "Revue de Paris | 48 ", non rogné (reliure de l'époque).
Édition pré-originale de Ferragus, chef des Dévorants [Les Treize], qui occupe les pages 126 à 131, 156 à 200, 289 à 332 des trois livraisons qui forment les tome 48 de la Revue de Paris. Il a été relié à la suite un tiré à part paginé 1 à 34, qui contient la dernière partie du texte, avec post-face et conclusion. La table générale a par ailleurs été conservée et reliée en toute fin. 
Exemplaire relié et constitué à l'époque, vraisemblablement pour son directeur, Amédée Pichot.
L'exemplaire est enrichi d'un feuillet autographe signé d'Honoré de Balzac : " le manuscrit sera remis sous dix jours. H. de B.  ". 
Le dit manuscrit, terminé par Balzac en février 1833, se compose de 104 feuillets (Bibliothèque de l'Institut, Fonds Lovenjoul, A 99) : les deux premiers chapitres se caractérisent par une écriture soignée, alors que les deux derniers témoignent de la précipitation d'une composition accompagnée des harcèlements du directeur de la Revue de Paris, Pichot. Histoire des Treize est le dernier texte que Balzac lui donna, avant que Pichot, le 10 avril, ne lui écrive ces mots : « puisque la littérature est un commerce, pourquoi n’y aurait-il pas des enchères en littérature » ? La rupture, pour des questions d'argent, est consommée, ainsi commentée dans la Revue : « nous avons pu nous plaindre de quelques désertions, mais bien bas, avec l’espoir de ne pas perdre pour longtemps d’utiles collaborateurs, qui, en effet, nous ont remercié depuis, la plupart de ne les avoir pris au mot. Nous ajoutons encore que si nous n’avons pas répondu à quelques annonces indirectement hostiles, c’est que nous attendions généreusement qu’elles nous eussent nui réellement ».
Contemporain de la rédaction de La Théorie de la démarche, Ferragus, chef des Dévorants, précédé d'une préface à "L'Histoire des treize" publiée dans la Revue de Paris du 10 mars 1833, est donnée dans les livraisons du 17 mars (pour les deux premières parties, « Mme Jules » et « Ferragus »), puis du 31 mars (pour le troisième chapitre, « La Femme accusée »). Le quatrième (« Où aller mourir ») est annoncée pour le mois d'avril, mais ce ne sera pas le cas : cette rarissime dernière partie paraîtra seulement en tiré à part au dernier numéro de mars, ajouté in extremis et paginé spécialement de 1 à 34. Cet exemplaire, constitué à l'époque, est donc complet de toutes ses parties, y compris pour la conclusion et la postface (jamais reprise), imprimées dans le même tiré à part. L'existence de ce tiré à part n'est pas signalée dans la table générale du volume.
La version du texte publié dans la Revue de Paris est reproduite en 1833 sous le titre Histoire des treize, chez J.-P. Méline (un vol. in-16). L'édition originale en volume sera publiée l'année suivante, en avril 1834, dans le tome X des Etudes de moeurs au XIXe siècle (t. II des Scènes de la vie parisienne) chez Mme Charles-Béchet, in-8, en avril 1834 : elle sera très différente de celle publiée ici puisque Balzac y supprime les noms d'écrivains et d'artistes « réels » que contient bien le texte de la Revue de Paris. 
Les Treize, selon la préface de Balzac, sont « treize hommes également frappés du même sentiment, tous doués d'une assez grande énergie pour être fidèles à la même pensée, assez probes pour ne point se trahir, alors même que leurs intérêts se trouvaient opposés, assez profondément politiques pour dissimuler les liens sacrés qui les unissaient, assez forts pour se mettre au-dessus de toutes les lois, assez hardis pour tout entreprendre, et assez heureux pour avoir presque toujours réussi dans leurs desseins [...]. Enfin, pour que rien ne manquât à la sombre et mystérieuse poésie de cette histoire, ces treize hommes sont restés inconnus, quoique tous aient réalisé les plus bizarres idées que suggère à l'imagination la fantastique puissance attribuée aux Manfred, aux Faust, aux Melmoth ; et tous aujourd'hui sont brisés...".
Il s'agit en fait d'une société secrète qui fait basculer La Comédie humaine dans un univers fantastique, le fameux « fantastique social » tel que le définit Charles Nodier, un genre dans lequel Eugène Sue excellera avec Les Mystères de Paris. Ferragus, chef des Dévorants raconte l'histoire d'une épouse aimante, innocente et pure qui succombe sous le poids des soupçons, plausibles mais erronés, d'un mari qui l'adore. Le texte est dédicacé à Hector Berlioz et connaîtra un grand succès, que Balzac commentera lui-même dans une lettre à Mme Hanska, le 29 mai 1833 comme « un succès extraordinaire dans ce Paris si insouciant et si occupé » (LHB I, 39), considérnta Ferragus comme une de ses meilleures productions : « (...) le Père Goriot est devenu sous mes doigts un livre aussi considérable que l'est Eugénie Grandet ou Ferragus. » (22 octobre 1834, Corr., II, 560). Et le Bulletin de Censure accorda même un brevet de moralité : « Les souffrances intérieures de Mme Jules, l'héroïsme chrétien qui la rend résignée, sont exprimées avec un sentiment et une éloquence qui arrachent des larmes. C'est une des oeuvres les plus saisissantes et les plus morales de M. de Balzac ». (Voir René Guise, « Balzac et le Bulletin de Censure », A.B. 1983)
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