Paris Éditions de la Nouvelle revue française, (juin)1911
1 vol. (170 x 225 mm) de 182 p. En feuillets, sous double couverture de bois de mûrier pour les XX et de la Nouvelle Revue française (sur japon), étui-chemise à parution. 
Édition originale. 
"TIRAGE SPÉCIAL sur Papier vélin à la cuve des Manufactures d'Arches réservé pour [la Société des XX] ".

Il s'agit du seul tirage de luxe pour Isabelle, et le seul sous la fameuse couverture blanche de la Nouvelle Revue Française : les 500 exemplaires du tirage le sont eux sous une couverture bleue, imposée par Gide (peu de titre seront couverts ainsi ; citons L'Offrande lyrique de Tagore, Typhon de Conrad, et quelques autres titres de Gide). Comme pour l'ensemble du tirage, l'impression a été confiée aux presses Sainte-Catherine de Bruges, dirigées par Édouard Verbecke. 
« Hier j'ai fait ma première promenade [...]. C'était dans un immense parc complètement abandonné, un grand château dont nous connaissions les hôtes, maintenant fermé à la suite d'aventures tragiques [...] ». Ce domaine, c'est Formentin, situé près de la propriété familiale d'André Gide, et que ses habitants ont déserté à la suite d'un revers de fortune. Rebaptisé "La Quartfourche", l'auteur fera de ce château le théâtre de la tragique histoire de son Isabelle dont les amours clandestines provoquèrent la mort d'un homme et le malheur d'une famille entière. « André Gide s'occupa de près, aussi bien de la revue que des publications qui bientôt se firent sous le sigle de la NRF. On n'a pas connaissance de sa venue à Bruges au cours des années 1908-1910, mais on sait d'autant mieux qu'il séjourna plusieurs jours à l'Hôtel de Flandres en cette ville, au mois de février 1911 et à nouveau pendant neuf jours au mois de mai. Il en parle dans son Journal et raconte comment il y corrigea les épreuves, non seulement de la NRFet de la première mouture de Corydon, qu'il faisait imprimer à compte d'auteur en 12 exemplaires, mais également de L'Otage de Paul Claudel[...]. L'achevé d'imprimer de C.R.D.N. date du 22 mai 1911, soit au cours de la présence à Bruges de Gide qui sans doute remporta avec lui le manuscrit et les précieux exemplaires, dont il ne voulait absolument pas qu'ils puissent tomber entre les mains de personnes malveillantes. Lors de la visite de mai il y eut pourtant un différend. Gide y reçut les premiers exemplaires de son récit Isabelle, édité par la NRF, pour lequel il était venu faire les corrections en février. Il estima que la mise en pages n'était pas conforme aux instructions, et refusa le lot » (B.A.G., cf. réf.). Il repartit de Bruges avec Corydon, les exemplaires de l'Otage et les quelques rescapés de l'édition fautive d'Isabelle, qu'il devait vendre plus tard en tant que curiosité, à  des prix élevés. Un mois plus tard les 500 exemplaires d'une nouvelle édition d'Isabelle prirent le chemin de Paris. Les grands papiers, qui n'avaient pas été tirés en mai, sont alors imprimés et signés par André Gide. Ils corrigent, comme pour l'ensemble du tirage de ce 26 juin 1911, les fautes d'imposition en bas des pages (dix bas de lignes mal justifiés). C'est Édouard Verbecke qui conçut le graphisme de couverture : double filet, noir et rouge, tandis que le titre du livre était imprimé en rouge et le nom de l'auteur et de l'éditeur en noir, le tout sur un fond crème : la fameuse couverture était née, avec le sigle nrf, dessiné à main levée par Jean Schlumberger. 
Talvart et Place, VII-45, 28c  ; Vignes (ne cite pas ce tirage) ; Van den Abeele, Des livres d'André Gide imprimés par les presses Sainte-Catherine, in Bulletin André Gide, XXXII, 142, pp. 200 et sq. 
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