En retrouvant le général Bramble
Ce texte, longtemps resté inédit, n’a été publié qu’en 2014, lors de la réédition dans la collection des Cahiers Rouges de Grasset des Silences du Colonel Bramble. La préface précisait que dans cet essai, inspiré de son expérience d’agent de liaison pendant la première guerre, « Maurois explique son amour de l’Angleterre et revient sur la relation d’amour-haine entre les deux pays. Le document original est une dactylographie à laquelle l’auteur a ajouté des corrections manuscrites. Nous les avons directement intégrées (…). Ce texte est daté de 1939, sans plus de précisions […] Sans doute a-t-il d’abord été prononcé lors d’une émission de radio avant d’être repris sous forme d’article ».
Notre tapuscrit est un peu plus précis et permet de mieux dater le texte et surtout d’en affirmer la destination d’origine : il s’agit non d’une émission de radio, mais d’une conférence donnée par Maurois le 11 décembre 1939 – qu’il ne nous a pas été possible de documenter.
« Je dois, avant de commencer, remercier de tout coeur les autorités françaises et britanniques qui ont bien voulu permettre à un vieil écrivain de vivre à nouveau dans l’atmosphère qui fut celle de ses débuts littéraires et militaires. Je voudrais aujourd’hui d’abord évoquer devant vous cette première rencontre, il y a vingt-cinq années, avec l’armée anglaise, puis comparer l’armée britannique de 1914 avec celle de 1939 […] Ma personne et mon rôle sont tout à fait dénués d’importance, mais le tableau aura chance d’être plus vivant si je le bâtis en groupant des images que j’aurai moi-même enregistrées … »
Si il manque à notre version la dernière page [folio 21], qui comprend les cinq derniers paragraphes du texte, les 20 autres folios donnent le texte complet, avec de nombreuses corrections autographes – principalement typographiques – mais l’une est une variante au texte, qui permet d’affirmer que notre version est belle et bien la dernière revue par André Maurois, qui rectifie une date : « En mars 1918, quand les allemands percèrent le front de la Cinquième armée…». Ce mois de mars est barré à la frappe, puis remplacé par mai, à la frappe, avec confirmation autographe à la mine de plomb.
Enfin, André Maurois place en tête de son introduction le texte suivant : « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, » ajoutant également au titre général [En retrouvant le Général Bramble] la note autographe suivante « Conférence d’André Maurois, de l’Académie française, faite le 11 décembre 1939 ». Tous ces éléments sont absents de la version parue en 2014.

