Paris, Gallimard, (4 juin) 1957.
1 vol. (145 x 285 mm) de 313 p. et [1] f. Broché, non coupé.
Edition originale.

Un des 15 premiers exemplaires sur vergé hollande (n° 5).

Exemplaire à grandes marges, entièrement non rogné.

Roger Vailland transpose ici son regard acéré sur les rapports de domination dans une petite ville du sud de l’Italie : à travers la description des rivalités, des luttes de clans, des stratégies d’alliance ou de séduction, le roman devient une parabole sur les mécanismes du pouvoir et les hiérarchies sociales.

Le prix Goncourt lui est attribué au second tour, par six voix contre quatre à La Modification de Michel Butor : c’est le choix d’un roman réaliste et politique face à l’avant-garde du Nouveau Roman. Le prix vient courronner le licencié de Philosophie, compagnon du surréalisme et cofondateur de la revue Le Grand Jeu, qui fut aussi journaliste. Sous l’Occupation, il participa à la Résistance, notamment à des opérations de sabotage et de déraillement. C’est à cette époque que, coupé de son réseau, il commença à écrire Drôle de jeu, qui lui valut le prix Interallié en 1945.

Figure d’intellectuel engagé, il traversa les contradictions de son temps. D’abord communiste fervent, il fut bouleversé en 1956 par la révélation des crimes de Staline dans le rapport Khrouchtchev. Son univers intérieur s’effondre. « J’ai pleuré le jour de la mort de Staline. Et j’ai de nouveau pleuré sur le chemin de Moscou […] quand j’ai dû le tuer une seconde fois, après avoir lu le récit de ses crimes », note-t-il dans son journal le 5 juin 1956.

Vailland demeure une figure complexe, surveillée de près par les Renseignements généraux : « Alcoolique et intoxiqué par l’usage des stupéfiants, il est, en privé, peu favorablement représenté », écrivaient-ils dans une note du 29 juillet 1952. Peut-être l’intéressé aurait-il été flatté de ce portrait. Tandis que la police recensait méticuleusement ses fréquentations communistes, son oeuvre faisait de lui l’un des observateurs les plus lucides des passions politiques et sociales de son époque et dont La Loi demeure l’un des sommets.

Magnifique et spectaculaire exemplaire à toutes grandes marges.

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