Lilith
Tirage unique à 133 exemplaires numérotés et signés par l'auteur.
Un des 9 premiers exemplaires sur japon « vert enfer », celui d'Octave Mirbeau.
Poème dramatique autant que dialogue philosophique, Lilith donne une version irrévérencieuse de la Création et de la naissance du désir. Gourmont en puise le sujet dans les traditions réunies par Jean-Albert Fabricius dans son Codex pseudepigraphus Veteris Testamenti, où Lilith apparaît comme la première femme d’Adam, avant Ève.
Publié d’abord dans le numéro double 8-9 des Essais d’Art libre, le texte paraît en volume sous une couverture vert émeraude portant son titre en caractères hébraïques. Le japon « vert enfer » des exemplaires de tête prolonge jusque dans le choix du papier le caractère provocateur de cette Genèse symboliste.
Précieux exemplaire d’Octave Mirbeau, directement liée à la réception de l’oeuvre. C’est lui qui demanda à Gourmont de lui réserver un exemplaire, choisissant la couleur du papier. Il consacra ensuite à Lilith, sous le pseudonyme de Jean Maure, un article paru dans Le Journal du 20 novembre 1892.
Son soutien à Gourmont s’était déjà manifesté avec éclat l’année précédente : révoqué de la Bibliothèque nationale après la publication du Joujou patriotisme, où il dénonçait le nationalisme revanchard, Gourmont avait trouvé en Mirbeau un défenseur résolu. Dans « Les Beautés du patriotisme », publié par Le Figaro le 18 mai 1891, celui-ci avait pris sa défense contre la campagne dont il faisait l’objet, avant de l’aider à trouver des collaborations dans la presse.
Le volume est relié à l’identique de l’exemplaire du Fantôme dédicacé par Gourmont à Mirbeau, décrit sous le n° 346 de la première vente de la bibliothèque de ce dernier (I, 1919, n° 346).
De la Bibliothèque de Jean-Claude Delauney (Binoche, novembre 2018, n° 130).



