Paris, The Olympia Press, (août) 1955.
2 vol. (110 x 175 mm) de 188 p. et 223 p. Brochés.
Édition originale.

Premier tirage (prix de 900 francs au dos).

« Lolita… » trois syllabes pour le titre d’un roman, qui faillit ne jamais paraître et firent frémir l’establishment littéraire : Nabokov, découragé de ne pouvoir mettre un point final à son manuscrit, en fit un autodafé. Sauvé des flammes par sa compagne, dont Lolita épouse les traits physiques et de caractère, le manuscrit, une fois achevé, est proposé à nombre d’éditeurs américains. Vaines tentatives se soldant par autant de refus, par crainte de poursuites pénales, une « insensée perversité » étant atteinte en chacune des pages de ce récit, tout à la fois scandaleux, sulfureux, incandescent et transgressif. Lolita n’est certes pas le premier roman de langue anglaise à avoir paru dans sa première édition en France ; Ulysse de Joyce, ou Tropic of Cancer de Henry Miller constituent d’illustres précédents.

C’est donc en France, et en 1955, que Lolita vit le jour, sur les presses de Maurice Girodias. Malgré tout, le livre est censuré, et Nabokov peu enclin à le défendre davantage : « Je répugne un peu à m’exposer en compagnie de The Olympia Press. Mais j’ai également du mal à avoir une vision globale de la chose. Je dois tenir compte du fait que l’université de Cornell a été très tolérante jusqu’à présent […]. D’autre part, je souhaite, bien sûr, apporter tout le soutien que je peux à Olympia, même si, personnellement, peu m’importe que l’interdiction soit levée ou non, puisque Gallimard va, de toute façon, publier la traduction française. »

Très bel exemplaire.

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