Deux lettres à Pierre Louÿs
Dans la première lettre, Haraucourt évoque un projet de « fête » littéraire auquel Louÿs souhaiterait associer la Société des Gens de Lettres. L’écrivain approuve l’idée et en examine les conditions pratiques : « Votre idée me semble excellente […] cette fête, raisonnablement, devrait se tenir pendant les mois des lumières : mai, juin… Aurions-nous le temps de l’organiser ? […] Je présenterai votre projet. Tâchez de venir, le 29, à l’Assemblée générale… ».
La seconde lettre concerne la promotion de Pierre Louÿs dans l’ordre de la Légion d’honneur. Haraucourt s’étonne avec chaleur de la lenteur de cette reconnaissance : « Eh bien vrai, mon cher Louÿs, il était temps ! Il faut cette liste pour m’apprendre qu’on avait négligé, pendant plus de dix ans, de vous enrubanner. La justice est lente !… ». Louÿs figure en effet dans la promotion de 1909 comme chevalier de la Légion d’honneur au titre d’homme de lettres ; il sera promu officier en 1922.
Poète, romancier et dramaturge, Edmond Haraucourt s’était fait connaître dès 1882 par le recueil audacieux La Légende des sexes, publié sous le pseudonyme de Sire de Chambley. Conservateur du musée du Trocadéro puis du musée de Cluny, membre du cercle des Hydropathes, il joua également un rôle actif dans la vie littéraire officielle et présida la Société des Gens de Lettres de 1920 à 1922. Lui-même sera élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur en 1937.
