Il y a tout juste 15 ans, une merveilleuse correspondance était publiée aux Éditions Gallimard et sortait ce 2 mai des presses de l'imprimerie Floch, à Mayenne : celle entre Albert Camus et René Char, qui s'établit depuis leur rencontre, en 1946, jusqu'à la mort accidentelle de Camus, en  janvier 1960. C'est la terre du Luberon qui fut celle de leur rencontre et de leur fraternité, Camus s'y ressourçant avant de pouvoir y acheter, grâce à l'argent du Prix Nobel, une maison, à Lourmarin.  


L'exemplaire du jour : 
René CHAR
Les Voisinages de Van Gogh 
Paris, Gallimard, (3 mai) 1985
1 vol. (19 x 235 mm) de 37 pp., [2], 1 et [2] ff. Broché, étui bordé
Édition originale. 
Un des 155 premiers exemplaires sur Arches d'Arjomari (n° 16).
Frontispice en couleurs signé par Alexandre Galpérine. 
Exemplaire enrichi de deux feuillets : deux versions originales (et seuls manuscrits connus) du poème L'invitée de Montguers ; c'est le deuxième poème de la seconde partie des Voisinages de Van Gogh.
Plusieurs corrections et ajouts, qui correspondent à la version finale du volume.
Alors qu'il venait d'entrer dans la Bibliothèque de la Pléiade,  partageant avec André Gide et Marguerite Yourcenar l'honneur d'y être publié de son vivant, René Char s'empressa de rendre caduc le terme d'OEuvres complètes en publiant deux ans après, en 1985, Les Voisinages de Van Gogh. Fasciné par la Provence, du côté de Montmajour, Arles, les Baux, Char  se sentit toujours, selon ses propres mots, le voisin de van Gogh  : « Ce pays au ventre de cigale nous était pleinement communiqué par une main et un poignet. De quelle fournaise et de quel paradis Vincent Van Gogh surgissait-il ? Et de quelle souffrance maîtresse tenait-il ces cailloux, ces iris, ces marais, ces étroits chemins, ces mas, ces blés, ces vignes et ce fleuve ? Sublimes dessins ! Longtemps après, ma vie serrée entre les barreaux de plusieurs malheurs me traquait dans une nature semblable ! Je la distinguais et en tentais l'échange au fond des yeux de Vincent alors que ces derniers enrichissaient de leur vérité, de leurs fleurs nouvelles, les miens, mes yeux meurtris par la neige fondante non rejouée. Un chien qui me fut cher n'apparaissait plus pour à nouveau s'endetter à ma voix. La terre n'en finissait pas d'hésiter sur le prochain destin des hommes.»
Alexandre Galpérine enluminera l'année suivante Le Gisant de lumière. Le peintre, né en 1937, ami de Goetz et de Christine Boumeester, a renconté René Char au début des années 70. Galpérine lui avait déjà réalisé une gouache pour illustré Fontis (coll. René Char, exposé à la B.n.f. pour l'exposition  Manuscrits enluminés par des peintres, Paris, 1980).
Il donnera une version enluminée des Quatre fascinants, et de nombreux poèmes illustrés pour son ami poète, dont la version illustrée du dernier livre de René Char, qui sera publié quelques mois après la mort du poète : Eloge d'une soupçonnée, paru en mai 1988 : une mise en dessins et couleurs de 27 des poèmes. 
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© Librairie Walden, 2022 - D.R. 

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