Il y a tout juste 67 ans, un volume de 337 pages sortait des presses de l’imprimerie Floch, à Mayenne. Imprimé pour le compte des éditions Calmaa-Lévy, le volume alterne au fil des pages des analyses raisonnées illustrées d'exemples historiques, des réflexions socio-politiques et des maximes percutantes qui décrivent trois mouvements : dans un premier temps, les trois mythes sur lesquels reposerait l'idéologie de la gauche (le mythe de la Gauche, le mythe de la Révolution, le mythe du Prolétariat) ; puis, une deuxième partie analyse et critique la vision marxiste de l'histoire et enfin, dans un troisième temps, l'auteur souligne la fascination que l'idéologie marxiste exerce sur les intellectuels et cherche à en dégager les raisons. Cet auteur, cet Raymond Aron, et ce livre, c'est L'Opium des intellectuels.

L'exemplaire du jour : 
L'Opium des intellectuels 
Paris, Calmann-Lévy, coll. « Liberté de l'Esprit », (22 avril) 1955
1 vol. (145 x 215 mm) de 337 p. et [1] f. Broché, non coupé.
Édition originale.
Un des 50 premiers exemplaires sur vélin alma
(n° 34), seul papier.
Sur le tard, Raymond Aron interrogé par un journaliste sur la querelle qui l'avait opposé aux intellectuels de son temps : « Eh bien, d'une certaine manière, je suis devenu passionné contre le stalinisme par mauvaise conscience de ne pas m'être exprimé contre l'hitlérisme. [...] J'avais été paralysé pour m'exprimer contre Hitler et le national-socialisme. Dans le cas du stalinisme, je n'étais plus paralysé, nous sortions d'un régime totalitaire qui avait répandu le malheur sur le monde. Et j'ai été saisi d'une espèce de fureur, en voyant que tant d'intellectuels de bonne volonté tombaient à nouveau dans le piège du totalitarisme et croyaient qu'un totalitarisme était bon parce qu'il se réclamait d'une doctrine, qui en elle-même est noble, généreuse, rationaliste, humanitaire. Alors j'ai eu une espèce de... fureur [...] Vous le savez, j'ai publié ‘L'opium des intellectuels' en 1955, livre auquel je tiens parce que je suis sorti d'une longue crise personnelle provoquée par des malheurs familiaux pour l'écrire et il a été pour moi, pour ainsi dire, la guérison personnelle. » Il sortit des presses juste avant son élection à la Sorbonne « qui a été une bataille politique incroyable » et un an avant le discours de Khrouchtchev qui lui fera dire « après tout, ce n'était pas nécessaire d'écrire ce livre » !
De la bibliothèque Jacques Attali.
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© Librairie Walden, 2022 - D.R. ​​​​​​​

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