Il y a tout juste 116 ans, la traduction française de deux conférences de John Ruskin (initialement publiées en 1865) sortent des presses de l’imprimerie Blais et Roy, à Poitiers. Traduites, préfacées et réunies sous le titre Sésame et les Lys par Marcel Proust, ce dernier, en guise d’introduction, livre une importante et célèbre préface, préfigurant son œuvre à venir : « sur la lecture ». Jugez-en : « Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Je n'ai essayé, dans cette préface, que de réfléchir à mon tour sur le même sujet qu'avait traité Ruskin : l'utilité de la lecture. Ruskin a donné à sa conférence le titre symbolique de Sésame, la parole magique qui ouvre la porte de la caverne des voleurs étant l'allégorie de la lecture qui nous ouvre la porte de ces trésors où est enfermée la plus précieuse sagesse des hommes : les livres ».   


L'exemplaire du jour : 
Marc PROUST
Sésame et les Lys. Des Trésors des Rois, des Jardins des Reines.
Traduction, notes et préface de Marcel Proust 

Paris, Mercure de France, (12 mai) 1906
1 vol. (124 x 188 mm) de 224 p. Broché, chemise et étui.
Edition originale de la traduction française. 
Un des exemplaires du premier tirage
, première émission numérotés à la presse (n° 819). Il n'a été tiré que douze exemplaires en grand papier.
Envoi signé : " à Léon Bélugou, amical et reconnaissant souvenir, Marcel Proust ". 
Homme de lettres et mondain, Léon Bélugou fut un proche de Proust, séjournant régulièrement à Deauville et Trouville en sa compagnie. Plusieurs lettres entre les deux hommes mentionnent l'oeuvre de Ruskin. Léon Bélugou était aussi précepteur et conseiller avisé des grandes familles du Faubourg Saint-Germain ; il collaborait également à la Revue blanche et Mercure de France. Il suivit les cours de Théodule Ribot au Collège de France et, membre du Stendhal Club aux côtés des Barrès, Bourget ou Signac, y donna plusieurs conférences, notamment sur Nietzsche et Remy de Gourmont.
Marcel Proust commence à s'intéresser aux ouvrages de Ruskin à l'automne 1899, dès son retour d'Evian-les-Bains, en se plongeant dans la lecture intensive de celui qu'il appelle "ce grand homme" après avoir découvert le chapitre intitulé " La Lampe de la mémoire " des Sept Lampes de l'architecture. Le texte de cette seconde traduction, trois ans après celle de La Bible d'Amiens, est dédiée à Reynaldo Hahn, avec la fameuse préface, Sur la lecture, texte délicieux et ô combien important : « Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. Je n'ai essayé, dans cette préface, que de réfléchir à mon tour sur le même sujet qu'avait traité Ruskin : l'utilité de la lecture. Ruskin a donné à sa conférence le titre symbolique de Sésame, la parole magique qui ouvre la porte de la caverne des voleurs étant l'allégorie de la lecture qui nous ouvre la porte de ces trésors où est enfermée la plus précieuse sagesse des hommes : les livres » . Les deux conférences de John Ruskin (1819-1900), réunies sous le titre Sésame et les Lys, avaient été publiées en 1865. 
Fragile papier comme à l'habitude, avec deux manques angulaires à la couverture et au premier feuillet.
Bien complet du catalogue éditeur (8 p.) sur papier saumon in-fine. 
27943
© Librairie Walden, 2022 - D.R. ​​​​​​​

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